Le monde arabe attend des actes après le discours d'Obama

diplomatieLe discours prononcé hier par Barack Hussein Obama à l'université du Caire marque une vraie rupture avec la politique de l'administration Bush. Devant un public de 3.000 personnes, le président américain a proposé de tourner la page d'« un cycle de méfiance et de discorde » entre les États-Unis et le monde musulman. Il a également pressé Israël de cesser la colonisation dans les territoires palestiniens et exprimé son engagement en faveur d'un État palestinien aux côtés d'Israël. Un discours bien accueilli au Moyen-Orient et en Europe même si de nombreux leaders arabes disent attendre des actes.« Je suis venu chercher un nouveau départ entre les États-Unis et les musulmans à travers le monde, un départ fondé sur l'intérêt mutuel et le respect mutuel, un départ fondé sur cette vérité que l'Amérique et l'islam ne s'excluent pas », a déclaré Barack Obama à l'adresse de 1,5 milliard de musulmans. Mais il a aussi souligné que le monde musulman devait aussi lutter contre les « préjugés » antiaméricains avant d'évoquer la question des droits de l'homme, du rôle de la femme et de leur « libre choix » dans les sociétés musulmanes.« seule solution »S'agissant du conflit israélo-palestinien, le président estime que la création de deux États est la « seule solution ». Tout en soulignant « le lien inébranlable » entre son pays et Israël, Barack Obama estime que « le temps est venu que cessent les colonies d'implantations » juives en Cisjordanie. « La situation pour le peuple palestinien est intolérable. L'Amérique ne tournera pas le dos aux aspirations légitimes des Palestiniens à la dignité et à leur propre État. » « C'est un discours clair et franc » qui constitue « un pas politique innovateur et un bon début », ont fait savoir les autorités palestiniennes. Le gouvernement israélien de Benjamin Néthanyou, le plus à droite de l'histoire du pays, s'est montré beaucoup plus réservé. « Sur la question de la croissance naturelle dans les implantations, il faut dire aux Américains de ne pas dépasser les bornes », a déclaré le ministre des Sciences, Daniel Herschkowitz, du parti nationaliste religieux Foyer juif.Sur le dossier du nucléaire iranien, le président américain s'est limité à souligner que la confrontation avec Téhéran était à « un tournant décisif ». Il semble attendre l'issue de l'élection présidentielle du 12 juin pour dévoiler son jeu. Le discours de Barack Obama, qui sera aujourd'hui en Allemagne et demain en France, a été bien accueilli en Europe. Le chef de la diplomatie de l'Union européenne, Javier Solana, l'a jugé « remarquable », estimant qu'il allait ouvrir « une nouvelle page dans les relations avec le monde arabo-musulman ». n

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