Frédéric Saint-Geours ou les surprises du chef La saga Saint...

Frédéric Saint-Geours ou les surprises du chef La saga Saint-Geours, c'est un peu la saga de la fonction publique. Un père inspecteur des finances et ancien président de la COB (le gendarme de la Bourse, à l'époque), deux frères ? l'un passé des cabinets ministériels au privé­, l'autre ambassadeur devenu président du Grand Palais.­ Et l'intéressé lui-même : Frédéric Saint-Geours, aujourd'hui président de l'Union des industries et métiers de la métallurgie (UIMM), hier encore dans les ministères ? au Budge­t ou à Matignon. « Mon grand-père était à la Banque de France, mon arrière-grand-père était douanier », ajoute-t-il. Parfois, cela tourne à la réunion de famille : « En 1981-1983, nous sommes, mon père, mon frère et moi dans les cabinets ministériels. Mon père et moi à Matignon, mon frère au cabinet de Louis Mermaz à l'Assemblée nationale. On se retrouve ensemble dans les réunions interministérielles? » se souvient, amusé, l'aîné, Jean-Philippe. Frédéric Saint-Geours commence à l'Assemblée nationale comme conseiller technique de Louis Mermaz. Pour l'énarque, cette expérience est, certes, « passionnante » mais ne suscite pas de vocation élective. En 1984, il devient directeur de cabinet d'Henri Emmanuelli chargé du Budget et de la Consommation. L'expérience de la fonction publique s'arrêtera là. En 1986, ce proche de Laurent Fabius rejoint ? ô surprise ? ? la famille Peugeot, avec l'appui de Jacques Calvet, alors patron du constructeur automobile, comme directeur financier. Huit ans plus tard, il prend les rênes de la marque au lion. « C'est assez surprenant peut-être vu de l'extérieur, mais Jacques Calvet et le directoire à l'époque ont considéré que je pouvais aussi être un bon commerçant et peut-être un bon homme de produit. »Fin 2007, après vingt ans de bons et loyaux services, le successeur de Jean-Martin Folz, Christian Streiff, lui trouve une voie de garage, du moins le croit-il : la présidence de l'UIMM, en plein scandale financier, avant d'en faire son conseiller spécial chez PSA. C'est une surprise de taille : un homme de gauche aux commandes de l'organisation patronale ! « Avec le problème de la caisse noire, il y avait besoin d'un renouvellement important? même si retrouver à côté des maîtres des Forges quelqu'un qui est passé par le cabinet d'un ministre de gauche, ça peut paraître étonnant », décrypte le PDG du groupe Alpha, Pierre Ferracci. La prise de fonctions est brutale. Le successeur de Denis Gautier-Sauvagnac doit même affronter la patronne du Medef. « Quand quelqu'un vient vous dire : ?Rendez-moi tous les mandats que vous avez, parce que vous êtes illégitime?, quelle est votre réaction ? » s'énerve-t-il encore avant de parler aujourd'hui de « relations tout à fait normales » au sein du patronat.L'expérience l'a changé, lui l'homme discret, voire « lisse » ? il aurait, paraît-il, un coach, ce qu'il réfute vivement. « Petit à petit, il arrive à sortir de cette image d'homme discret, d'homme de l'ombre », dit le journaliste social de BFM, Nicolas Lagrange. « Ça m'a transformé vu de l'extérieur », confirme l'intéressé, qui mène tambour battant la modernisation de l'UIMM. « Aujourd'hui, la gouver­nance fait de cette organisation un exemple en la matière », dit-il, avant de botter en touche sur une éventuelle candidature à la présidence du Medef. Ce qui n'est pas une surprise quand on sait que l'intéressé a joué au rugby en 2e division. Ultime rebondissement : Frédéric Saint-Geours a été nommé en juin dernier directeur des finances et du développement stratégique par Philippe Varin, le nouveau patron de PSA. Un joli pied de nez?Tatiana Renard-Barzach

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