Le plongeon de l'aussie redessine la carte monétaire

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La Banque de réserve australienne a frappé un grand coup hier, signe annonciateur des décisions qui seront prises jeudi en Europe par la Banque centrale européenne et la Banque d'Angleterre. Pour contrer les risques de récession, l'institut d'émission de Sydney a abaissé son taux directeur de trois quarts de points à 5,25?% à l'issue de son conseil. Il s'élevait encore à 7?% début septembre, lorsque la banque centrale avait procédé à son premier assouplissement monétaire depuis décembre 2001. Ce coup de hache monétaire a porté un coup fatal au dollar australien, accélérant la redistribution des cartes actuellement en cours entre les principaux protagonistes du système monétaire international. L'aussie, qui avait déjà cédé plus de 8?% de sa valeur face au dollar des états-Unis au cours de la seule journée de vendredi dernier (son plus grand plongeon en une séance depuis la dévaluation de 1976), a encore cédé du terrain hier. Il a reflué jusqu'à 0,6550, au plus bas depuis début 2003. L'enfant chéri du marché des changes, monnaie matières premières favorite des investisseurs lorsque leurs cours explosaient et lorsque les stratégies à effet de levier battaient leur plein, est devenu son épouvantail. retour de balancierCe retour de balancier a accentué l'attrait pour les monnaies assorties de faibles rendements qui servaient de vecteurs à ces stratégies. à commencer par le yen qui ne rapporte plus que 0,3?% contre 0,5?% précédemment, après la mini baisse des taux de la Banque du Japon vendredi dernier. Le dollar australien a perdu 9?% face à la monnaie de l'archipel depuis vendredi et plus de 45?% depuis son point haut de juillet, laquelle s'est aussi fortement revalorisée face aux autres devises à hauts rendements. Une fois passée l'échéance présidentielle américaine, le billet vert, qui ne rapporte plus que 1?% depuis la dernière détente monétaire de la Réserve fédérale le 29 octobre, devrait également y trouver son compte. Mais la nervosité était telle hier dans l'attente du verdict des électeurs qu'il a momentanément piqué du nez, l'euro se rapprochant du seuil de 1,30. Le dollar devrait reprendre le chemin de la hausse dès que la BCE aura acté la baisse de ses propres taux directeurs que le marché attend de pied ferme. Les « sages » de Francfort devraient se mettre d'accord pour une détente d'un demi point du taux de refinancement, comme lors que l'opération coup de poing d'octobre, ce qui le ramènerait à 3,25?% et réduirait à 225 points de base le différentiel de rémunération de la monnaie unique avec le dollar. Isabelle Croizard

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