Un plan d'urgence pour les nanotechnologies

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La France ne valorise pas assez sa recherche. Ce constat récurrent s'applique aussi au domaine des nanosciences : alors que la recherche hexagonale est classée au 5e rang mondial pour ses publications scientifiques sur le sujet, elle n'a déposé que 2 % des brevets mondiaux en 2005 dans le secteur des nanotechnologies. Le dispositif Nano-Innov, présenté hier par la ministre de la Recherche, s'inscrit dans le cadre du plan de relance de l'économie voulu par Nicolas Sarkozy. Valérie Pécresse consacrera 70 millions d'euros cette année pour « donner à l'industrie les moyens de réussir le virage des nanotechnologies », une révolution à venir que d'aucuns comparent avec celle de l'électricité ou d'Internet.les enjeuxCe plan s'articule autour de la création de trois « centres d'intégration » à Saclay, près de Paris, Grenoble et Toulouse qui constitueront des « véritables creusets de créativité et d'innovation où la recherche fondamentale travaillera avec les entreprises », explique Jean Therme, directeur au CEA et initiateur du projet. Ces trois territoires regroupent les trois spécialités de cette nouvelle discipline de « l'infiniment petit » : la nanoélectronique, les nanomatériaux et la nanobiologie. L'objectif de Nano-Innov est de tripler le nombre de dépôts de brevets dans les années à venir, mais aussi de renforcer la coopération européenne et de développer des formations nécessaires à l'émergence d'une filière industrielle. Ce plan comporte aussi un volet grand public qui vise à informer des enjeux de ces nouvelles technologies et des dangers sanitaires qu'ils peuvent engendrer.« En nous focalisant sur trois centres, nous voulons éviter l'émiettement de la recherche française et lui donner de la visibilité à l'international. L'entrée récente du CEA-Leti dans le programme de recherche d'IBM sur la nanoélectronique est un exemple fort de reconnaissance du cluster Minatec à Grenoble », note Jean Therme.Pour les industriels, l'enjeu de cette collaboration en amont avec le monde de la recherche est primordial dans l'informatique, l'aéronautique ou les biotechnologies. « 15 % à 20 % de l'industrie seront transformés par les nanotechs dans l'avenir », prévoit Dominique Vernay, président du pôle de compétitivité System@tic et membre du comité de pilotage de Nano-Innov. Laurent Pericone

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