Crise sans précédent au Banco Privado Português

queLa banque BPP (Banco Privado Português) menacée de faillite est occupée, depuis mardi dernier, par des clients qui veulent retirer leurs avoirs. Le mouvement d'humeur assez inhabituel au Portugal semble fait pour durer avec l'arrivée ce week-end de « renforts » de clients de la filiale de Porto, deuxième ville du Portugal. La banque centrale portugaise a ordonné, en début de semaine, la prolongation jusqu'au 1er septembre du gel des avoirs des clients de la BPP, estimés à une valeur globale de 1,2 milliard d'euros. La décision de la banque centrale fait suite à la demande du gouvernement portugais, qui souhaite obtenir des « éléments complémentaires » nécessaires à l'analyse du plan de redressement déposé par la BPP en avril dernier.dossier complexeCette banque d'investissements gérait 2 milliards d'actifs pour le compte de 3.000 clients. Elle a accusé 800 millions d'euros de pertes à la fin 2008. L'État s'est alors porté garant pour un prêt de 450 millions d'euros consenti par six banques portugaises. Les difficultés financières de la BPP ont entraîné la démission de son président et actionnaire, João Rendeiro. La banque est détenue à 100 % par le Privado Holding, qui rassemble plusieurs hommes d'affaires portugais, et elle gère essentiellement des fonds spéculatifs. La BPP a été placée sous la gestion provisoire de quatre administrateurs. Selon les analystes, la complexité du dossier viendrait de la nécessité de séparer les intérêts de la BPP de ceux de ses clients, ces derniers ayant vraisemblablement placé des actifs qui n'apparaissent pas au bilan comptable. Le gouvernement veut se donner le temps de trouver une solution cohérente, et il n'envisage pas de racheter les titres et obligations de la BPP avant d'avoir une idée précise de ses activités et de ses comptes. Quant au mouvement des fonds spéculatifs mis sur pieds par les clients, il a promis de maintenir la pression. Une délégation sera reçue la semaine prochaine, à Bruxelles, par le directeur des institutions financières de la Commission européenne, Elemer Terták.Marie-Line Darcy, à Lisbonne

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