Le Front national espère faire mentir les sondages

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élections européennesSur le plateau de France 2 jeudi soir, Marine Le Pen joint sa voix à celle de François Bayrou, qui tonne contre les instituts de sondage. Pour la fille de Jean-Marie Le Pen, tête de liste du Front national dans le Nord-Ouest, les intentions de vote en faveur de l'extrême droite ont été systématiquement minorées dans la campagne européenne. Depuis la qualification surprise de Jean-Marie Le Pen pour le second tour de la présidentielle de 2002, les sondeurs ont du mal à estimer le poids réel du FN dans l'électorat. Mais, si l'on se rapporte aux derniers scrutins, la moisson pourrait être modeste demain. Aux européennes de 2004, le FN avait obtenu 9,81 % des voix, et Jean-Marie Le Pen avait juste dépassé la barre des 10 % à la présidentielle de 2007. Une bonne partie de son électorat, notamment dans les milieux populaires, avait rallié le camp sarkozyste. Le reflux s'était confirmé aux municipales de 2008. Pour les européennes, des enquêtes réalisées dans les huit circonscriptions françaises montrent que le FN fait toutefois mieux que résister dans l'Est, le Sud-Est, le Nord-Ouest et le centre. Pierre Moscovici, député PS du Doubs, s'en est ému sur son « blog » : « Semble renaître, notamment dans l'Est, la tentation d'un vote d'extrême droite ? je frémis rétrospectivement en pensant à ce qu'un Le Pen au sommet de son art aurait pu faire d'une telle consultation électorale ! »Les axes de bataillePour Jean-Marie Le Pen, tête de liste dans le Sud-Est, le scrutin de demain permettra de faire la preuve que « Nicolas Sarkozy n'a pas tué le Front national mais l'a simplement vol頻. Le président du FN, 80 ans, s'est malgré tout fixé un objectif prudent : obtenir le même nombre d'élus qu'en 2004, soit sept sièges au Parlement européen. Il compte bien sûr sur une révolte électorale contre le chef de l'État, qui vient de fêter son deuxième anniversaire à l'Élysée, en pleine tourmente économique et sociale.Les axes de bataille du parti d'extrême droite n'ont pas varié : les immigrés, la Turquie, « l'Europe sans frontières »? Mais, comme lors de la dernière présidentielle, le FN voit l'UMP venir grignoter ses thématiques. Conscient du risque de vote-sanction, le chef de l'État a introduit la sécurité, l'immigration et la question turque dans les dernières semaines de la campagne.Une campagne européenne qui a aussi une importance dans la bataille de succession qui se joue autour de Jean-Marie Le Pen. Marine Le Pen espère bien tirer profit du scrutin dans le Nord. Et elle compte rebondir dès les municipales des 28 juin et 5 juillet à Hénin-Beaumont, des élections convoquées après la suspension du maire socialiste Gérard Dalongeville. n

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