Miro revient passer l'été à Saint-Paul
La Tribune
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expositionL'année 1953. Le marchand Aimé Maeght et son épouse Marguerite sont terrassés par la mort de leur fils Bernard, emporté par une leucémie à l'âge de 12 ans. Pour les sortir de leur torpeur, Braque, Léger et Miro se mobilisent. Et poussent le couple à créer une fondation conçue pour les artistes vivants, à Saint-Paul. Un endroit que Miro connaît bien. Il y vient chaque été, travaillant là encore d'arrache-pied à ses sculptures ou à ses lithographies avec Adrien, l'autre fils d'Aimé.C'est peut-être d'abord cette histoire que raconte la magnifique exposition de la Fondation Maeght, aujourd'hui consacrée à l'artiste catalan. « Je n'ai pas voulu faire une rétrospective, confie Isabelle Maeght, la petite-fille d'Aimé, commissaire de la manifestation. Mais j'avais envie de passer l'été avec Miro comme nous le faisions quand j'étais enfant. » Alors elle s'en est allée puiser 300 dessins, tableaux, sculptures, lithos, céramiques, livres ou calligraphies dans les collections familiales et dans celles de la fondation. Parmi ces ?uvres, la moitié est inédite.« Je connais ces collections par c?ur, avoue Isabelle ». Du coup, il ne lui a pas fallu plus de trois semaines pour monter une exposition intimiste et pleine de surprises, portée par de magnifiques ensembles. Comme cette vitrine consacrée aux livres, d'où jaillit un feu d'artifice de couleurs. Il y a là « Adomides », l'ouvrage réalisé avec Prévert dont on a lu des extraits à l'église pour le mariage de la s?ur d'Isabelle. On y trouve aussi le livre conçu avec René Char ou Robert Desnos en 1929. Autant de trésors veillés par le sublime tableau au bleu délavé parsemé d'étoiles, offert à Adrien et Paule Maeght pour leur mariage.Au fil des salles, c'est tout le génie de Miro qui éclabousse les visiteurs. Habité par « la fureur du travail », comme il l'écrit à Aimé Maeght dans l'une des lettres présentées ici, il s'essaye à toutes les techniques. Graveur, Adrien Maeght met au point pour lui des procédés inouïs. Comme celui qui lui permet de réaliser des lithographies en relief.tête de femme sensuelleL'artiste utilise aussi tous les matériaux qui lui tombent sous la main. Comme pour ces sculptures peintes au titre surréaliste, composées à partir de tabourets, de fourches, de coloquintes ou de pommes de pin. En 1972, il signe une tête de femme sensuelle en époxy. Avec lui, une planche à repasser ou des sacs en corde destinés à la récolte des olives remplacent aisément la toile. Rarement l'occasion d'approcher l'artiste d'aussi près a été donnée. Mais après tout, Miro était ici chez lui. n « Miro en son jardin » à la Fondation Maeght à Saint-Paul. Tél. : 04.93.32.81.63. www.fondation-maeght.com. Jusqu'au 8 novembre.
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