L'Europe face à Obama

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Ce n'est pas un raz-de-marée, mais c'est une franche victoire. Barack Obama a recueilli 52 % des suffrages (contre 46 % à son rival républicain, John McCcain, le reste des voix se répartissant sur les petits candidats), ce qui lui a permis d'obtenir 349 grands électeurs, alors que 270 seulement étaient nécessaires pour gagner la course à la Maison-Blanche. Dans le même temps, les démocrates, parti du président nouvellement élu, avaient confirmé leur majorité sur le Congrès et la Chambre des représentants.La quasi-totalité des réactions internationales à cette brillante élection était positive, tout particulièrement en Europe, où les gouvernements ont rivalisé d'hyperboles pour féliciter le futur président des États-Unis. Voilà déjà plusieurs mois que l'Ancien Continent avait succombé à l'«?obamania?». À l'été 2008, celui qui n'était encore que le candidat démocrate y avait effectué une tournée triomphale, à Berlin notamment.Cet a priori positif s'explique, en grande partie, par le contraste que le nouvel homme de Washington a présenté, durant sa campagne, avec son prédécesseur. George W. Bush a en effet pratiqué une diplomatie cassante et autiste, parfois en rupture avec la communauté internationale, sur la guerre d'Irak et la ratification du protocole de Kyoto par exemple. Le message que l'Amérique a adressé au monde pendant cette période était ombré par les attentats du 11 septembre 2001, intervenus quelques mois seulement après la prise de fonction de Bush junior.tourner une pageL'Europe espère donc tourner une page d'autant plus difficile que l'intransigeance de Bush avait divisé les 27. Au moment de l'invasion de l'Irak, l'Union s'était résignée à la scission, plusieurs de ses membres étant aux côtés de George Bush, tandis que les autres, emmenés par la France et l'Allemagne, refusaient d'intervenir militairement en l'absence de mandat clair des Nations unies.Pourtant, en dehors des désirs des Européens, rien n'indique que Barack Obama privilégiera la relation transatlantique. Ni son histoire familiale ni son parcours personnel ne le prédisposent à une telle inclination. Et pas davantage les circonstances de sa prise de fonction, qui interviendra officiellement le 20 janvier prochain : l'Amérique est en crise économique sérieuse, et demande un traitement rapide. La gestion des crises irakienne ? Obama a annoncé un retrait progressif des troupes américaines ? et afghane sera le premier test international qui fera foi de la méthode Obama, et de ses différences avec celle de Bush. D'ici là, le sommet pour la « refondation du capitalisme mondial » ? une demande confuse des Européens, à laquelle Bush s'est plié sans enthousiasme ? donnera quelques indications sur sa bonne volonté, puisque ses conseillers devraient y participer. Ce sera le 15 novembre prochain.

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