La Suisse joue gros face à l'Union européenne

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À un jour du scrutin, la Suisse ne sait toujours pas vers quoi elle se dirige. Dimanche, la population doit se prononcer sur la reconduction de l'accord sur la libre circulation des personnes entre l'Union européenne (UE) et la Suisse ainsi que son extension à la Roumanie et à la Bulgarie. Le dernier sondage annonce 50 % de « oui », 43 % de « non » et 7 % d'abstentions. Autant dire que rien n'est joué.débats houleuxLe vote rassemble deux aspects de la libre circulation : la reconduction de l'accord qui était transitoire et son extension aux nouveaux membres de l'UE. C'est sur ce second point que les débats sont les plus houleux. La droite nationaliste du pays mène campagne pour le « non » ainsi qu'une partie de l'extrême gauche qui craint le dumping salarial. Placardées un peu partout, des affiches chocs montrent des corbeaux noirs picorant la Suisse. Elles dénoncent la menace du chômage et de l'insécurité créée par l'arrivée massive de gens de l'Est dans un contexte économique difficile. De l'autre côté, les autorités ainsi que les milieux d'affaires, fervents partisans du « oui », brandissent le spectre de l'isolement du pays.Un « non » mettrait en effet la Suisse dans l'embarras. Admise dans l'espace de Schengen depuis le 12 décembre dernier seulement, elle ne pourrait probablement pas poursuivre sa collaboration sans la libre circulation. À noter que le refus de l'accord remettrait en question les autres aspects bilatéraux. Une clause « guillotine » spécifie en effet qu'en cas de « non » les autres accords sont également annulés. Y aurait-il à nouveau un nouveau vote ou alors des renégociations ? Questions auxquelles personne ne semble capable de répondre à Bruxelles ou à Berne. Conclus en 1999, les accords bilatéraux entre l'UE et la Suisse portent sur la libre circulation des personnes et sur de multiples sujets (marchés publics, agriculture, transports?). À l'époque, l'accord sur la libre circulation des personnes avait été accepté pour une période transitoire de sept ans afin de faciliter l'acceptation par la population du paquet complet. De plus, c'est le seul de ces aspects à ne pas être automatiquement reconduit aux nouveaux États membres de l'UE. L'entrée de nouveaux acteurs dans la zone euro nécessite donc une renégociation avec la Suisse. Tel a été le cas en 2005 lors de l'élargissement à dix nouveaux États membres, qui avait donné lieu à un référendum, conclu par un « oui ». Demain, le sort des relations entre la Suisse et l'Union se jouera à nouveau dans les urnes helvètes. Gwenaëlle Reyt, à Genève

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