Le Pentagone au pain sec

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flash infoAprès avoir prévenu qu'il entendait couper le « robinet des dépenses d'armement » à l'occasion des attentats du 11 septembre 2001, Robert Gates a confirmé hier que le Pentagone allait « réformer en profondeur » la façon dont il élabore son budget. Hier, dans son projet de budget 2010, il a proposé que l'administration Obama accroisse les efforts financiers consacrés aux vétérans et à la santé des soldats mais réalise aussi des coupes claires dans des programmes d'armement. Robert Gates recommande que les commandes de l'avion de combat F-22 de Lockheed Martin soient limitées à 187 unités. Il propose l'annulation du projet d'hélicoptère présidentiel VH-71, construit par le même groupe et dont le design a été réalisé l'Italien AgustaWestland. Par ailleurs, Robert Gates, dont les décisions devront être approuvées par la Maison-Blanche et le Capitole, a prévenu que le contrat des ravitailleurs aériens, qui oppose Boeing à Northrop Grumman et son partenaire européen EADS fera l'objet d'un nouvel appel d'offres l'été prochain. Il plaide aussi pour l'annulation d'un nouveau système de communications par satellites de l'US Air Force, d'un coût de 11 milliards de dollars, élaboré par Boeing, Lockheed Martin et Northrop.Le ministre républicain, que Barack Obama a maintenu dans ses fonctions, a présenté ses priorités pour 2010 alors que le budget du Pentagone a bondi de 72 % depuis 2000. Pour l'exercice 2010 qui démarrera en septembre prochain, ce budget doit augmenter de 4 %, à 533,7 milliards de dollars, hors enveloppes consacrées à l'Irak et à l'Afghanistan. Dans un contexte où plus de 5 millions d'emplois ont été détruits aux États-Unis depuis le début de la récession en décembre 2007, réduire des programmes pour beaucoup réalisés dans des usines américaines n'est pas sans risque pour Barack Obama. L'impact social de ces arbitrages budgétaires se matérialisera en 2010 ? année où auront lieu les élections de mi-mandat ? de surcroît dans des États conservateurs comme l'Ohio et la Pennsylvanie. Toutefois le fait que ce budget doit être approuvé par le Congrès « pourrait détourner l'attention (du public) de l'administration Obama », note Heidi Wood, analyste chez Morgan Stanley. Éric Chalmet, à New York

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