Un « partenariat oriental » à contretemps

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Quand, des marches nord-est de l'Europe, l'idée d'un « partenariat oriental » avec les pays du Caucase et les voisins occidentaux de la Russie est arrivée il y a deux ans, nul ne pensait qu'elle se concrétiserait dans des circonstances aussi dramatiques. Suédois et Polonais voulaient alors faire contrepoids à l'idée française d'Union méditerranéenne. Pas par esprit de contradiction, mais parce qu'il en allait des intérêts vitaux des Européens. La guerre en Géorgie, la crise énergétique russo-ukrainienne, la quasi-faillite de l'Ukraine, les émeutes en Moldavie le mois dernier ont montré à quel point ils avaient raison.Le sommet des Vingt-Sept et de leurs six nouveaux « partenaires orientaux » ? Ukraine, Biélorussie, Moldavie, Azerbaïdjan, Arménie et Géorgie ?, qui se tient aujourd'hui à Prague, aurait donc dû être un moment historique. L'objectif est ni plus ni moins que d'arrimer ces pays à l'Union européenne, sans pour autant leur promettre l'adhésion. C'est, en somme, la réponse européenne à la doctrine russe des sphères d'influence. Elle passe par la facilitation des échanges, la simplification des procédures d'obtention de visa, et une augmentation considérable des fonds européens à destination de ces pays, de 250 millions d'euros pour la période 2010-2013, à 600 millions.problème de survieMais cette avancée politique est reléguée au second plan par les circonstances. « Pour l'instant, certains pays font face à un problème de survie, alors que le partenariat oriental est un cadre pour le long terme, conçu pour la navigation par temps calme », comme l'explique Pawel Swieboda, qui dirige le « think tank » DemosEuropa à Varsovie. « Ce partenariat sera très utile une fois la crise passée. Encore faut-il en arriver l࠻, dit-il.Andrew Wilson, chercheur à l'European Council on Foreign Affairs à Londres, anticipe un « succès partiel ». Il salue un « signal politique » positif mais regrette que l'Union européenne ne soit pas plus présente dans l'urgence. Ni l'envoi d'une mission en Moldavie ni une intervention européenne pour débloquer les fonds du FMI à destination de l'Ukraine ne sont à l'ordre du jour. « Les Européens ont trop de choses en tête pour formuler une réponse crédible à la situation présente », explique Pawel Swieboda. Zapatero, Berlusconi et Brown se feront représenter aujourd'hui à Prague. La France, elle, enverra son « joker », le Premier ministre François Fillon. Angela Merkel, elle, est attendue. n

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