Le marché obligataire russe dopé par la crise
La Tribune
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créditLes émissions d'obligations en roubles n'avaient pas connu une telle flambée depuis longtemps. Deux grands groupes russes RJD (monopole d'État russe des chemins de fer) et le numéro un russe de la grande distribution X5 ont été les plus actifs sur ce marché. Au total, les sociétés russes ont émis depuis janvier 261,6 milliards de roubles (8,4 milliards de dollars). Les groupes russes se dépêchent de rencontrer l'appétit des investisseurs, particulièrement actifs depuis début juin. La forte demande a permis par exemple à X5 de placer 800 millions de roubles à un taux de 18,46 % d'une maturité de 7 ans alors qu'il était prévu dans une fourchette de 18,5 à 19,5 %. Les investisseurs avaient placé des ordres pour un total de 13 milliards de roubles, très supérieur à l'offre de X5. Par comparaison, les deux seules émissions en dollars depuis le début d'année (par Gazprom et la banque d'État Rosselkhozbank) ne totalisent que 3,25 milliards de dollars. Depuis 2006, les émissions en dollars dépassaient de loin celles en roubles. Redevenu stable après une glissade de 30 % contre le dollar et l'euro, la devise russe est redevenue intéressante pour les investisseurs. A contrario, le marché des euro-obligations ne reste accessible qu'à un nombre très restreint de grandes entreprises russes. Les investisseurs internationaux restent très prudents envers le marché russe alors que l'économie du pays s'est contractée de 9,8 % sur le premier trimestre 2009. Un autre facteur qui aide considérablement le marché se trouve dans la possibilité offerte aux investisseurs de mettre en gage les obligations comme des prêts collatéraux à la banque centrale. Cette possibilité a particulièrement stimulé la demande des banques russes pour les émissions en roubles.« Je pense que le marché obligataire va continuer à se redresser, au moins pour ce qui concerne les grands noms, estime Julia Bushuïeva, analyste chez Unicredit à Moscou. C'est une très bonne nouvelle pour les titres de bonne qualité, et tout particulièrement pour ceux qui ont des plans d'expansion agressifs. Un marché revivifié et une baisse du rendement devraient aussi aider les sociétés qui ont été forcées d'emprunter début 2009 avec des rendements très élevés. Elles ont désormais la possibilité de refinancer dans de meilleurs termes. » Emmanuel Grynszpan, à MoscouDepuis 2006, les émissions en dollars dépassaient de loin celles en roubles.
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