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Le gel du crédit est à la racine du mal

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Publié le 21 octobre 2008 à 03:04 - Mis à jour le 21 octobre 2008 à 03:04

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En un an de crise, les instituts monétaires comme la Réserve fédérale américaine et la Banque centrale européenne (BCE) auront largement eu l'occasion d'exercer leur rôle de prêteur en dernier ressort. Avec le gel des marchés interbancaires, ils sont même devenus de facto les seuls prêteurs du système financier !Depuis le mois de septembre, la crise des marchés monétaires (on désigne par ce terme le marché du financement à moins de deux ans où les institutions financières, les banques et les États prêtent et empruntent des fonds en fonction de leurs besoins) est en effet entrée dans une phase aiguë : craignant de nouvelles faillites bancaires, les institutions financières refusent de se prêter des fonds entre elles. Elles se fournissent en liquidités auprès des banques centrales mais, contrairement à ce qui se passe en temps normal, elles préfèrent thésauriser cette liquidité (quitte à la placer en dépôt auprès de ces mêmes banques centrales), plutôt que de la faire circuler en la prêtant à d'autres établissements bancaires.L'euribor à 3 moisRésultat : pour éviter que les banques ne se retrouvent à court de liquidités, ce qui ne manquerait pas de provoquer des faillites en cascade, les instituts d'émission sont obligés de maintenir les marchés monétaires sous perfusion. Les sommes injectées (en fait des prêts à très court terme pour lesquels les banques apportent le plus souvent des actifs en garantie) sont de plus en plus importantes, les banques centrales acceptent une gamme d'actifs de plus en plus large en contrepartie, et de plus en plus d'institutions peuvent participer aux opérations des banques centrales.NOUVELLES INJECTIONSDerniers exemples en date des efforts désespérés des banques centrales pour éviter que le système ne se retrouve à court de liquidités : l'injection hier de 60 milliards de dollars de fonds à 24 heures par la Banque centrale européenne et la Banque d'Angleterre. De son côté, la Fed a annoncé qu'elle augmentait ses adjudications exceptionnelles (term auction facility) pour les porter à 150 milliards de dollars chacune à partir de lundi, ce qui portera à 900 milliards de dollars les crédits susceptibles d'être alloués via ces opérations pour couvrir les trois derniers mois de l'année.Mais, malgré toute leur bonne volonté, les banques centrales sont incapables d'injecter ce qui manque le plus au marché monétaire : la confiance. Ainsi, au-delà des maturités très courtes (1 jour à 1 semaine), les transactions sont inexistantes et les taux du marché interbancaire ne cessent de grimper. L'Euribor à 3 mois, l'étalon de la plupart des prêts commerciaux à court terme en Europe a ainsi touché son plus haut niveau depuis 1994 à 5,345 %." Les banques dont la valeur des actifs a chuté ne peuvent pas compter sur le marché monétaire pour se refinancer. En cela, la paralysie du circuit interbancaire peut constituer un accélérateur de faillites ", explique Frederik Ducrozet, économiste au Crédit Agricole. En outre, plus la paralysie du marché monétaire dure, plus le risque de contamination à l'économie réelle augmente. Dans un premier temps, les banques ont pu puiser dans leurs capitaux propres pour continuer à financer l'économie dans les mêmes conditions qu'avant. Mais, les tensions persistant, elles deviennent plus sélectives et elles répercutent leurs propres coûts de financement sur les entreprises et des ménages.Les sicav monétaires se détournent du système bancaireGagnés par la psychose, les gérants des Sicav monétaires hexagonales se détournent à leur tour des signatures bancaires pour se réfugier sur le marché des emprunts d'État, réputés sans risque. Le mouvement n'a rien d'anodin. Avec environ 50 % des 300 milliards d'euros d'actifs de ces fonds investis en certificats de dépôts bancaires, ils constituaient une des principales sources de financement à court terme pour les banques. " Ce phénomène s'explique davantage par des anomalies de cotation imputable à l'absence de liquidité sur ce marché que par une véritable crainte sur la solvabilité des banques ", commente un banquier.

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