Les métaux laminés par la crise du crédit

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La panique a pris les Chinois de cours à leur retour de vacances. Les transactions sur l'aluminium, le cuivre et le zinc ont été interrompues à la Bourse de Shanghai, hier matin, la chute vertigineuse des cours entraînant l'activation des freins. Une dégringolade partiellement technique, après la fermeture des marchés chinois la semaine dernière : les métaux ont donc rattrapé la baisse enregistrée sur les autres marchés. Le cuivre au LME avait perdu 15 % lorsque Shanghai était fermé. Mais la glissade ne semble pas terminée car les métaux de base ont souffert à l'ouverture de la Bourse londonienne.PRODUCTION PLUS RAPIDE QUE LA DEMANDEAlors que les Américains prennent le chemin d'une récession bien plus brutale que prévue, les perspectives sont plutôt moroses pour ce segment des matières premières très dépendantes de la demande d'immobilier. La faiblesse de la demande d'acier accentue la pression subie par les métaux de base qui entrent dans sa composition. La production d'acier en Chine a bondi de 8,3 % à 351,1 milliards de tonnes sur les huit premiers mois de l'année, soit une progression nettement plus rapide que la demande qui, de son côté, fléchit. Plusieurs aciéristes chinois se sont d'ailleurs mis d'accord pour ralentir les hauts fourneaux : une réduction de 20 % de la production est organisée pour le mois d'octobre. Ce qui permet aussi au pays de se donner des marges de manoeuvre dans ses négociations de tarifs avec les groupes miniers, alors que la hausse des matières premières rend la croissance chinoise très inflationniste. " Nous sommes dans une situation sans précédent " sur l'acier, a estimé Lakshmi Mittal, directeur d'ArcelorMittal, hier. " Nous pensons que la production industrielle chinoise va rebondir durant le dernier trimestre de l'année ", juge de son côté Tom Albanese, directeur général du groupe minier Rio Tinto.La crise financière fait toutefois peser de lourdes menaces sur le secteur minier, qui est particulièrement avide de capitaux. De nombreux prêts du secteur sont en effet adossés à des actions dont les cours se sont effondrées ces derniers mois. Le premier actionnaire du suisse Ferrexpo a ainsi dû céder 20,79 % de sa participation hier, avec une décote de 30 % pour régler des appels de marge à JP Morgan.L'or noir fléchit aussiLe baril de pétrole a fortement baissé hier pour la quatrième séance consécutive, franchissant à la baisse en séance le seuil des 90 dollars pour la première fois depuis février dernier. " Les risques macroéconomiques sont de plus en plus importants tous les jours " pour le pétrole, estiment les analystes d'UBS, qui ne voient plus le baril à 120 mais à 105 dollars en 2009. Le WTI pour livraison en novembre cotait 90,94 dollars soit une baisse de 2,94 % à New York. À Londres, la chute a été plus rapide, le brent reculant de 3,84 % à 86,41 dollars. La chute de la demande pétrolière, notamment de la Chine qui ne devrait pas importer d'essence en octobre pour le second mois consécutif, inquiète le marché.

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