Bruxelles menace l'industrie des dérivés

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Après les agences de notation, le commissaire européen au Marché intérieur, Charlie McCreevy, menace de légiférer sur le marché des dérivés de crédit pour imposer une contrepartie centrale dans les transactions sur les « credit default swaps » (CDS), des contrats de couverture contre le risque de défaut d'un émetteur de dette. Ce marché énorme (29.000 milliards de dollars d'encours à fin 2008, selon DTCC) est opéré de gré à gré entre grands acteurs financiers. Le défaut de l'un d'entre eux signifie un risque de contrepartie pour les autres. La chute de Lehman Brothers a provoqué des sueurs froides, même si l'industrie des dérivés de crédit s'est organisée. essai non transforméDe fait, les autorités, de part et d'autre de l'Atlantique, ne veulent plus courir un tel danger. En s'interposant entre acheteurs et vendeurs, une chambre de compensation prendrait en charge ce risque de contrepartie, assurant ainsi la garantie de bonne fin des transactions. Dès le 22 octobre dernier, Charlie McCreevy avait invité l'industrie et les régulateurs à trouver une solution européenne d'ici à fin 2008, lançant en parallèle une revue complète du marché des dérivés. En cas de proposition insuffisante, la voie législative serait privilégiée, avait-il prévenu alors. Le 10 décembre, les représentants de l'industrie auraient donné leur engagement oral à l'utilisation volontaire d'une solution de compensation dans un délai de six mois. Mais l'essai n'a pas été transformé. « La Commission souhaitait un engagement clair, écrit, de la part de l'industrie et des régulateurs. Mais elle ne l'a pas obtenu », explique un porte-parole du commissaire. Bruxelles doit maintenant tirer les conclusions qui s'imposent. À moins que la menace, renouvelée, suffise à mettre un terme au bras de fer. C. FR.

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