Un accord a minima sur la formation professionnelle

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Répondre à la commande gouvernementale sans abandonner leurs prérogatives. Tel est le délicat exercice d'équilibrisme auquel se sont livrés, entre mardi et mercredi, patronat et syndicat lors de leur ultime séance de négociation sur la formation professionnelle. Au terme de 26 heures de discussions, le résultat est en demi-teinte.Principale nouveauté, la création d'un fonds paritaire de sécurisation des parcours professionnels. Avec 900 millions d'euros en année pleine, il répond au souhait gouvernemental de voir une partie de l'argent des entreprises utilisée pour les « publics fragiles ». Problème, l'essentiel de cette somme ne servira pas aux demandeurs d'emploi, mais aux salariés peu qualifiés, et reviendra donc dans le giron des entreprises (lire ci- contre).Autre limite, les partenaires sociaux se sont contentés de fixer une somme maximale dédiée à ce fonds, sans prévoir de minimum, ce qui laisse planer un doute sur la pérennité de ces moyens. Enfin, alors que le nombre de demandeurs d'emploi croît en flèche, le gouvernement souhaite aller vite. Or les mesures décidées par les partenaires sociaux n'entreront en vigueur qu'à la mi-2010, compte tenu de la complexité de la tuyauterie financière. Certes, un dispositif transitoire a été prévu pour 2009. Mais il ne permettra de mobiliser qu'entre 150 et 200 millions d'euros. Le montant exact ne sera connu que le 14 janvier, mais il paraît bien faible au regard des besoins. « Le système est peu réactif », regrettait Annie Thomas (CFDT).rififi en vueLe mécontentement gouvernemental risque d'être d'autant plus grand que les partenaires sociaux n'ont pas répondu à deux objectifs que l'exécutif leur avait fixés. Avec ses 35 pages et sa cohorte de sigles et de mécanismes financiers, le texte est loin de son ambition affichée en préambule d'« apporter des réponses simples et lisibles tant pour les jeunes, les salariés, les demandeurs d'emploi que pour les entreprises ». Surtout, syndicats et patronat n'ont traité qu'à la marge la réforme des circuits de financement de la formation professionnelle. Un résultat peu satisfaisant pour le gouvernement, qui souhaitait notamment réduire fortement le nombre d'organismes gérant les fonds (les organismes paritaires collecteurs agréés ou OPCA).En réunissant un large consensus autour de ce texte, les partenaires sociaux espèrent convaincre Nicolas Sarkozy de le reprendre intégralement dans la future loi. Un pari risqué alors que le chef de l'État a fait de la réforme de la formation professionnelle l'un de ses grands chantiers de 2009. À l'occasion de la remise de deux rapports sur la formation commandés de longue date, Laurent Wauquiez pourrait, dès aujourd'hui, donner la tonalité du choix gouvernemental. Agnès Laurent

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