Le marché de l'immobilier ancien rattrapé par la crise

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Après avoir connu 140 % de hausse, les prix dans l'ancien ont baissé de manière nette pour la première fois au troisième trimestre depuis 1997. Une rupture de tendance que la Fnaim, le syndicat d'agents immobiliers, chiffre à - 2,9 % (- 2,3 % pour les appartements, - 3,5 % pour les maisons) par rapport au trimestre précédent où ils avaient crû de 0,4 %. La baisse des prix s'est accentuée en septembre (- 3,2 %). Les biens les plus grands et donc les plus chers sont plus affectés. Si les prix des studios et une pièce sont encore orientés à la hausse au troisième trimestre par rapport au trimestre précédent, les prix des cinq pièces et plus reculent, comme ceux des maisons.Paris fait encore exception mais peut-être pas pour longtemps. Le prix des appartements anciens a continué à grimper dans la capitale au deuxième trimestre (+ 2,4 %, à 6.580 euros/m2 en moyenne). Mais les transactions ont chuté de 15,5 %, d'après les notaires de Paris et d'Île-de-France. De même, les ventes d'appartements anciens ont reculé de 10 % dans la petite couronne et de 12,1 % dans la grande couronne entre avril et juin. " Au-dessus d'un certain prix plafond, variable selon les communes, il n'y a plus de transactions ", constate Me Jean-Michel Hautebas, qui estime " sain que les prix baissent ".EXIGEANCES DE SOLVABILITEDES BANQUESLe marché immobilier est incontestablement affecté par la crise financière. Les banques accordent des prêts immobiliers sur des durées moins longues, et sont plus exigeantes quant à la solvabilité future des emprunteurs. Les nouveaux crédits à l'habitat ont chuté de 9,9 % en valeur et de 11 % en volume au premier semestre pour revenir de 82,347 milliards d'euros à 74,176 milliards, rappelle l'universitaire Michel Mouillart.Mais les germes du retournement du marché immobilier étaient là. " Le coût de la mobilité en France est devenu prohibitif et les droits de mutation, proportionnels aux prix, sont dissuasifs, rappelle Alain Tourdjman, directeur études et prospectives de la Caisse Nationale des Caisses d'Épargne. Le prix d'un logement moyen en France correspond à plus de 4 années de revenu disponible par ménage, contre 2,5 années entre 1965 et 2000. Le sentiment de désolvabilisation s'est diffusé jusqu'aux catégories aisées. "Il reste que " croire que ce qui s'opère constitue un ajustement sain est, selon Michel Mouillart, une analyse erronée : le marché est, en fait, très probablement en train de s'effondrer". "L'augmentation des faillites d'entreprises dans l'immobilier atteint 22 % ", prévient-il. " Si la crise financière se termine d'ici à la fin de l'année, il n'y aura pas de reprise rapide des marchés immobiliers : l'appareil de production [financement, construction, promotion, transaction] a été affecté. Au mieux, le redémarrage interviendra en 2010. D'ici là, le marché de l'ancien aura perdu 30 % au moins de son activité ! " conclut-il.

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