" Les prix de l'immobilier devraient baisser de 7 à 8 % en 2008 "

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Quelle est l'ampleur de la baisse des prix ?La tendance nationale (maisons et appartements) en juillet-août faisait apparaître une baisse de 1,5 %. Pour le mois de septembre, elle sera de 3,2 %. Il me semble plausible que l'année 2008 se termine sur un recul des prix immobiliers de l'ordre de 7 à 8 % - maisons et appartements confondus. Ce recul permettrait à nombre de Français de pouvoir à nouveau acquérir des biens immobiliers. Ce mouvement de baisse se poursuivra en 2009 parce que cette première phase de correction risque de ne pas être suffisante et qu'il est peu probable que le pouvoir d'achat des Français s'améliore avec des salaires qui n'évolueront pas.Quelle est la situation des agents immobiliers ?Aujourd'hui, il n'est pas rare que les agents immobiliers mettent six, huit ou neuf mois pour vendre un bien. On commence à voir dans les vitrines des agences des biens mis en vente fin 2007 ou début 2008. Beaucoup de vendeurs n'ont toujours pas conscience de la réalité du marché et veulent obtenir des prix qui ne sont plus du tout adaptés. Nous n'avons pas encore constaté de mortalité anormale des agences immobilières, mais les difficultés sont devant nous. Les effectifs constituent la première variable d'ajustement sachant que les suppressions d'emploi peuvent passer totalement inaperçues lorsqu'il s'agit d'agents commerciaux. Dans les deux cas, c'est bien une dégradation de l'emploi qui est à craindre.Qu'en est-il du côté de la promotion ?Dans la promotion immobilière, en quatre mois d'été, la situation s'est dégradée à la vitesse de l'éclair. Aujourd'hui, on voit des promoteurs, en particulier ceux spécialisés dans l'investissement locatif, contraints de vendre deux fois, voire deux fois et demi leurs programmes, simplement parce que les annulations viennent réduire à néant les ventes faites. L'annonce par le gouvernement du rachat de 30.000 logements avec une décote de 20 % est une mesure puissante parce qu'elle va permettre de sauvegarder les entreprises de promotion les plus sérieuses et de sauver le bâtiment.Le retournement du marché immobilier n'est-il pas salutaire ?L'équation est plus compliquée. Près de huit opérations d'achat d'un logement ancien ou neuf sont conditionnées par la revente d'un premier bien. Si la baisse des prix peut être une bonne nouvelle quand on a face à soi un bien que l'on veut acquérir, cela en devient une mauvaise lorsque l'on fixe le prix du bien que l'on veut revendre. Le second effet est l'effet Pigou, autrement dit le sentiment d'appauvrissement consécutif à une baisse des prix. Or, en France, 57 % des ménages sont propriétaires de leur résidence principale. Un effondrement des prix n'est donc pas souhaitable. En revanche, clairement, une correction est nécessaire. Il faut que le marché redevienne abordable.Les banques sont-elles responsables du retournement ?Mon intuition est que le système bancaire français est beaucoup moins atteint que les autres, mais qu'il prend prétexte de la crise internationale pour réduire la production de crédits immobiliers. Depuis dix ans, les banques françaises ont détruit leurs marges en matière de crédit immobilier ; elles sont en train de les restaurer. En outre, on peut se demander si elles ne font pas payer au secteur immobilier et aux ménages les investissements onéreux qu'elles ont faits en 2007. Les banques expliquent qu'elles peinent à se refinancer sur les marchés internationaux... Les établissements français oublient qu'ils sont dans un système beaucoup plus administré que leurs homologues étrangers et qu'ils en tirent profit. Aussi, il me paraît fondé que le président de la République appelle les grands banquiers à un peu de raison.

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