Plus que jamais, la Société Générale est contrainte de bouger

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Les récents mouvements stratégiques des banques européennes montrent que la crise financière accélère la consolidation bancaire. En France, le paysage a été, en l'espace de vingt-quatre heures, totalement bouleversé. En rachetant Fortis, BNP Paribas a donné un grand coup d'accélérateur à son développement dans la banque de détail en Europe. Ses implantations en Italie et désormais en Belgique la hissent au premier rang des banques de dépôts de la zone euro, ce qui la dispense de devoir s'agrandir à tout prix en France. Dans le même temps, les Caisses d'Épargne et les Banques Populaires vont annoncer aujourd'hui leur intention de se marier et former un nouvel acteur majeur en France. Voilà deux opérations impliquant des établissements français qui leur permettent de renforcer considérablement leur position dans la banque de détail, métier qui est devenu le nerf de la guerre avec la crise. Les banques cherchent à consolider leurs activités de dépôts pour y puiser les liquidités si rares sur les marchés.Dans ce contexte, la Société Générale devient le nouveau petit Poucet des banques françaises dans les activités de réseau. Et si elle continue d'être performante malgré ses déboires de l'affaire Kerviel, elle est désormais distancée par ses concurrentes. La banque dispose d'un nombre restreints d'agences en France, soit 3.000, contre 3.400 à l'étranger. Au total, ses dépôts clientèles s'élevaient à 270 milliards d'euros à la fin 2007. Elle devient ainsi dernière grande banque française dans l'Hexagone en nombre d'agences, derrière Banque Postale (17.000 points de vente), Groupe Crédit-Agricole (9.000), Crédit Mutuel (5.100), le futur ensemble Caisses d'Épargne-Banques Populaires (7.500).La Société Générale doit donc envisager de renforcer très significativement ses activités de banque de détail. D'une part car le marché ne parie plus que sur ce métier, et d'autre part car son profil l'exige. Reines des banques d'investissement depuis plusieurs années, les activités de marché représentaient entre 40 et 50 % des résultats du groupe dans les belles années 2005 et 2006. Avec la crise, ce modèle doit évoluer et la banque de réseau doit reprendre le dessus sur les activités de marchés. Depuis qu'elle a échappé au rachat par BNP en 1999, une opération stratégique ou l'adossement de la Société Générale est un véritable serpent de mer. C'était également le cas depuis deux ans pour un mariage entre Caisses d'Épargne et Banques Populaires. Trois banques françaises viennent de bouger. La Société Générale doit entrer à son tour dans le jeu de la consolidation bancaire.

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