La chasse aux cibles pétrolières est ouverte

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« Le bal des prédateurs va recommencer », prédit Denis Florin, responsable du secteur énergie chez Bearing Point. « À condition que le baril reste bas pendant un an », précise-t-il. La crise actuelle donne aux majors pétrolières une fenêtre de tir pour accélérer la reconstitution de leurs réserves à coups d'acquisitions. Un baril à 60 dollars va en effet mettre en difficulté un certain nombre de sociétés pétrolières indépendantes. En particulier celles qui détiennent des réserves de pétrole ou de gaz récentes, dont le coût d'extraction est supérieur à 60 dollars. Il faut 80 dollars pour extraire un baril de pétrole des sables bitumeux canadiens, par exemple, contre 3 dollars dans les zones les plus accessibles. Et les banques seront d'autant plus réticentes à accorder des crédits à ces indépendants que le baril sera bas. « Les majors qui disposent de liquidités vont profiter des cours bas de certains petits et moyens pétroliers pour se constituer des réserves à un coût inférieur », confirme Colette Lewiner, directeur international du secteur énergie chez Capgemini.cibles potentielles Les appétits d'Exxon Mobil ou celui de BP, par exemple pour le producteur de gaz américain Chesapeak, font l'objet de rumeurs insistantes ces dernières semaines. Christophe de Margerie confirme (voir ci-joint) que Total scrute le marché dans ce sens. Ces deux derniers mois, le pétrolier britannique Imperial Energy, qui détient des réserves en Sibérie, et le canadien Tanganyika, à la tête d'intérêts en Syrie, ont été rachetés respectivement par l'indien ONGC pour 1,4 milliard de dollars et par le chinois Sinopec pour 2 milliards de dollars.Parmi les groupes qui font figure de cibles potentielles : l'américain Consol Energy, très présent dans les sables bitumeux, a perdu 19 % en Bourse sur la seule journée de jeudi ; le britannique BG Group ou encore l'américain Anadarko, sans compter le français Maurel & Prom, sont également cités. « Il faudra attendre un ou deux trimestres pour que les difficultés se lisent dans certains comptes, si toutefois le baril reste à ce niveau », précise Denis Florin. À terme, cette politique pourrait générer une nouvelle tension sur les prix. « Le réveil risque d'être douloureux », prévient Colette Lewiner, « sans accroissement global des réserves, le baril va atteindre des records supérieurs à ceux d'avant la crise ». Marie-Caroline Lopez

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