Le Congo piégé par ses richesses

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Réunie hier à Nairobi, au Kenya, la communauté internationale a appelé à « un cessez-le-feu immédiat de tous les groupes armés et milices dans le Nord-Kivu ». Au même moment, les affrontements reprenaient entre l'armée régulière congolaise et les forces rebelles de Laurent Nkunda à quelques kilomètres de Goma, la capitale du Nord-Kivu. Plus de 100.000 personnes ont déjà fui les combats.Mais la communauté internationale n'a pas jugé nécessaire de mentionner l'exploitation illégale par les groupes armés et les milices présentes dans l'est du Congo des mines d'or, de coltan ou de cassitérite. Ces deux derniers minerais, qui servent de composants dans la fabrication des téléphones portables ou des circuits imprimés des téléviseurs, sont très présents dans la République démocratique du Congo. Ainsi leur exploitation continue de faire le lit d'un des conflits les plus meurtriers du continent. Selon Patrick Alley, directeur de l'ONG Global Witness, « les avantages économiques associés à la guerre dans cette région restent l'un des motifs clés des parties belligérantes ». C'est ainsi que les forces armées régulières (FARDC), les Hutus rwandais du FDLR, qui abritent toujours des acteurs du génocide rwandais, ou encore le Congrès national de la défense du peuple (CNDP), du Tutsi Laurent Nkunda, vivent de l'exploitation et de la commercialisation de ces minerais dont la région est riche. Fort de 4.000 à 5.000 hommes, le CNDP réclame le retour au Congo des Tutsis réfugiés au Rwanda et exige que Kinshasa arrête enfin les Hutus génocidaires. Pour François Grignon, directeur du département afrique de l'International Crisis Group, « le véritable enjeu pour Laurent Nkunda est la continuation de l'économie de guerre qui permet aux forces armées présentes et aux pays voisins de s'enrichir sur l'exploitation des ressources naturelles ». Xavier Harel

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