Schaeffler finalise dans la douleur l'acquisition de Continental

Romaric Godin à FrancfortLes ex-actionnaires de Continental peuvent enfin respirer et contempler leurs gains. Hier, ils ont enfin reçu les 75 euros par action promis par le groupe familial Schaeffler dans le cadre de l'offre publique déposée en août dernier. Au total, l'opération aura coûté 11 milliards d'euros, dont 8 milliards déboursés hier, à Schaeffler qui se retrouve formellement à la tête de 90 % du capital de sa nouvelle filiale.Cependant, conformément au cadre de l'accord passé cet été avec Continental, et qui avait permis à Schaeffler de présenter son achat comme une offre amicale, le groupe franconien ne détiendra que 49,9 % du capital jusqu'en août 2012. Le reste des titres sera transmis à des établissements financiers, qui les conserveront jusque-là. Le processus a déjà débuté : cette semaine, les banques privées Sal. Oppenheim et Metzler ont annoncé détenir respectivement 5,48 % et 3,99 % de Continental. Les conditions de cette transmission n'ont pas été précisées mais il semble acquis que les actions seraient cédées par Schaeffler à un prix inférieur à 75 euros par titre. En retour, ce dernier couvrirait le risque lié au cours de l'action.Ce paiement met fin à une série de suspenses, qui avaient suivi l'annonce de la volonté du « petit » équipementier automobile de racheter son « grand » concurrent, le 14 juillet 2008. Car, après avoir vaincu la réticence du groupe de Hanovre, Schaeffler s'était retrouvé face à un nouveau problème : alors que la conjoncture se dégradait, son offre s'était révélée plus attirante que prévu et 82 % des actionnaires avaient apporté leurs titres. De sorte que le financement de l'opération était devenu problématique. Beaucoup d'actionnaires de Continental, et notamment des fonds d'arbitrage, avaient alors craint que l'opération n'aboutisse pas.Reste que, si Schaeffler a bien acquis ? au prix fort ? le pouvoir chez son concurrent, le plus difficile reste encore à faire : réussir l'acquisition. Car, si réunies les deux entités comptent plus de 210.000 employés et réalisent 35 milliards d'euros de chiffre d'affaires, les sujets de frictions entre elles ne manquent pas. Schaeffler doit, selon l'accord signé cet été, ne pas se mêler de la gestion de Continental et se contenter de quatre membres sur dix au conseil de surveillance. Mais la situation économique devenue précaire des équipementiers automobiles et l'endettement massif qu'a dû contracter Schaeffler pour atteindre son but (16 milliards d'euros) lui donnent des prétentions nouvelles?« travail en commun »Déjà en décembre, la direction de Continental s'était érigée contre la volonté de son actionnaire de prendre part à la renégociation de sa dette ? également immense (11 milliards d'euros). Et l'on soupçonne le groupe franconien de vouloir obtenir une représentation au conseil de surveillance avant l'assemblée générale d'avril. Hier, en tout cas, il a appelé à un « travail en commun ». Du coup, le feuilleton n'est pas terminé, et un nouvel acteur pourrait bien faire son entrée : l'ancien chancelier Gerhardt Schröder, garant de l'accord entre les deux groupes.

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