Année de plomb pour Dresdner
La Tribune
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chronique des marchéspar Christophe TricaudLa banque Dresdner vient de se voir infliger une amende de 150.000 livres sterling pour avoir abusé de sa position sur le marché du plomb. La banque allemande, qui vient de passer sous le contrôle de Commerzbank, écope ainsi de la plus forte amende infligée à ses membres par le LME, le premier marché du monde des non-ferreux, après la sanction pécuniaire à l'encontre du sulfureux Enron en juillet 2001 (190.000 livres), peu de temps avant la déconfiture frauduleuse du courtier américain en électricité. Selon Brett Hillis, associé du cabinet de juristes Denton Wilde Sapte, spécialiste des matières premières, « il est probable qu'en frappant aussi fort le LME ait voulu faire un exemple ». En effet les traders de la banque allemande ont enfreint une règle de marché essentielle qui limite les positions que peut prendre un intermédaire à 50?% des stocks disponibles du LME. Une limite pourtant allégrement franchie par Dresdner qui avait constitué, le 21 novembre dernier, des positions portant sur 120?% des stocks disponibles. Cette domination lui a permis de fausser le processus de formation des cours. De fait, Dresdner était ponctuellement parvenue à enrayer la descente eux enfers de ce métal. Et, surtout, le débouclage de ces positions prises le plus souvent sous forme d'options et de contrats « future » a perturbé le marché, qui a atteint un plus-bas à la veille de Noêl, à 850 livres la tonne, alors que l'ensemble des non-ferreux avait entammé un rally leur permettant de regagner jusqu'à cette semaine parfois plus de 40 %. La division par trois des cours du plomb coté sur le LME en 2008 n'apporte certes pas de réponse à la terrible question que chaque enfant s'est un jour posée : le kilo de plomb est-il plus ou moins lourd qu'un kilo de plumes ? Et pourtant, cette chute des prix défie les lois de la pesanteur car les stocks de ce métal si maléable détenus par le LME, loin d'avoir explosé, ont au contraire diminué de 0,7 % en 2008, ce qui aurait dû être un frein à la baisse. C'est la perspective d'un marché automobile en crise qui lui a été fatal. C'est en effet son principal débouché, sous forme de batteries. Christophe tricaudles traders de la banque allemande ont enfreint une règle de marché essentielle qui limite les positions que peut prendre un intermédiaire à 50?% des stocks disponibles du LME.juristes Denton
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