Les équipementiers américains réclament à leur tour une aide

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Faute d'accès immédiat au crédit, une vague de faillites d'équipementiers sera inévitable dans les semaines et les mois prochains. » Président de l'Association américaine des équipementiers automobiles (Mema), Bob McKenna tire la sonnette d'alarme. Compte tenu de l'effondrement des ventes d'automobiles aux États-Unis ? elles ont chuté de 37,1 % en janvier ? le secteur demande à son tour une assistance du gouvernement fédéral.La Mema assure n'avoir pas soumis de « requête officielle », mais l'association a déjà fait ses comptes : les « options » qu'elle a présentées au Trésor coûteraient au total 25 milliards de dollars. Les deux premières auraient vocation à être financées par le programme de soutien au secteur financier (Tarp). Elles seraient réparties entre une injection de 8 milliards de dollars dans les équipementiers sous capitalisés et l'octroi de 7 milliards de dollars à General Motors (GM) et Chrysler pour leur permettre de payer leurs sous-traitants dans des délais plus rapides. D'un coût de 10,5 milliards de dollars, la dernière « option » servirait à garantir les paiements des constructeurs si l'un d'eux déposait son bilan. En 2008, une quarantaine d'équipementiers ont fait faillite aux États-Unis et les inquiétudes portent désormais sur Delphi, l'un des plus grands d'entre eux. L'ancienne filiale de GM s'est placée sous la protection de la loi sur les faillites (chapitre 11) en octobre 2005 dont elle n'est pas parvenue à s'extirper jusqu'ici. Or, le groupe vient de prévenir que sa valeur comptable était désormais « substantiellement » inférieure aux dettes contractées depuis son passage sous le chapitre 11, d'un montant de 7,2 milliards de dollars et sur lesquelles il risque de faire défaut. Selon des juristes interrogés par le « Wall Street Journal », cette situation placerait les principaux créanciers de Delphi ? GM et JP Morgan Chase ? devant une alternative : liquidation ou prise de participation dans l'équipementier.destruction d'emploisLa situation financière du secteur se tendra inéluctablement dans les prochains mois. Les constructeurs de Detroit ne devraient verser que 2,4 milliards de dollars aux équipementiers en mars prochain, contre une moyenne mensuelle de 8,4 milliards au trimestre dernier. Or, la Mema prévient que la faillite d'un grand équipementier minerait les efforts de sauvetage des « Detroit Three » par le gouvernement fédéral. L'an dernier, la grève de trois mois des salariés d'American Axle a affecté l'activité de 33 usines nord-américaines de GM et coûté 2,6 milliards de dollars au constructeur. Ce dernier envisagerait d'annoncer d'ici mi-février plus de 5.000 suppressions de postes, autant que l'an dernier, selon Bloomberg.ÉRIC CHALMET, à New York © cGARY MALERBA/BLOOMBERG

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