La Commission bancaire audite Natixis et évalue les risques du Foncier

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Dans la délicate opération de rapprochement des Groupes Banques Populaires et Caisses d'Épargne, la Banque de France s'est vu confier un rôle prépondérant. Son gouverneur Christian Noyer, invité à participer à la séance de rappel à l'ordre des patrons des deux groupes (Bernard Comolet pour L'Écureuil et Philippe Dupont pour les Banques Populaires) organisée voilà tout juste quinze jours à l'Élysée, est depuis devenu le juge arbitre officiel des négociations serrées qui, d'ici au 26 février (lire ci-dessus), doivent déboucher sur la présentation d'un schéma de fusion « clair, simple et complet ». Son instance de régulation, la Commission bancaire, a quant à elle, selon nos informations, été appelée à jouer les juges de paix. À ce titre, elle mène, toujours selon nos informations, un audit sur Natixis, la banque de financement et d'investissement en perdition et seule filiale commune dans l'immédiat aux deux groupes. Et elle se livre à une nouvelle évaluation des risques inhérents aux portefeuilles du Crédit Foncier, véritable institution du financement du logement en France, que sa maison mère L'Écureuil tient depuis dix jours maintenant fin prête pour la fusion (lire « La Tribune » du 30 janvier). Natixis et le Foncier restent aujourd'hui encore les deux pommes de discorde entre les Banques Populaires et les Caisses d'Épargne. La première est devenue avec la crise un puits sans fond pour les deux groupes. Elle est aussi depuis de longs mois le point de cristallisation de toutes les dissensions existant entre les deux groupes. D'autant que sa gouvernance, confiée aux bons soins des Banques Populaires avec son président Philippe Dupont en première ligne, a, à la lumière des résultats affichés trimestre après trimestre, alimenté et animé les débats. Le Foncier est, dans la fusion entre égaux, l'actif qui dans la balance fait pencher sérieusement le rapport de force du côté de L'Écureuil et pose la question de la soulte. Les Banques Populaires, ne voulant pas en entendre parler, cherchent par tous les moyens à l'écarter du schéma de fusion. Après un audit complet de l'établissement à l'automne dernier, la Commission bancaire pourrait bien lui faire la démonstration contraire.Bruno Segré

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