Retour au clivage droite-gauche sur la sécurité et la justice

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Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal sont des adeptes de la « triangulation », cette tactique qui consiste à siphonner les thèmes de l'adversaire pour grignoter son électorat. Mais la crise renvoie le chef de l'État et l'ex-candidate PS à la présidentielle dans leurs camps de base. Et le clivage droite-gauche reprend des couleurs, notamment sur les questions sociales. « Qu'est-ce que c'est que cette histoire d'aller séquestrer des gens?? On est dans un État de droit, il y a une loi qui s'applique, je la ferai respecter », a lancé Nicolas Sarkozy mardi lors d'un déplacement à Venelles (Bouches-du-Rhône). Auparavant, les responsables de l'UMP avaient déclenché un feu roulant de critiques contre les socialistes en général, et Ségolène Royal en particulier.Tout en soulignant le caractère « illégal » des séquestrations, la présidente de la région Poitou-Charentes avait déclaré dimanche que ce mode d'action permettait parfois à des salariés « fragilisés, piétinés et méprisés » de se faire entendre. « C'est faute d'avoir un pouvoir qui règle les problèmes que les tensions surgissent dans les entreprises et sur les territoires », a-t-elle insisté mardi soir sur RTL en disant avoir voulu mettre en évidence « la violence quotidienne exercée contre les salariés, qui découvrent par exemple que certains patrons s'enrichissent au moment de la crise alors qu'eux-mêmes perdent leur travail, leur emploi ». Les socialistes ont fait bloc derrière Ségolène Royal, accusée d'incitation à la violence par l'UMP. La première secrétaire du PS, Martine Aubry, a refusé de « justifier » les séquestrations mais a jugé qu'il appartenait à Nicolas Sarkozy « d'agir ». « Je ne dis pas que c'est le bon moyen mais qu'est-ce qui vous reste quand vous n'avez plus rien?? » a lancé François Hollande. Cette situation est politiquement dangereuse pour Nicolas Sarkozy, d'autant que des voix de droite se sont jointes à celles de la gauche pour condamner sa gestion sociale de la crise. L'ancien Premier ministre UMP Dominique de Villepin a pris la défense de Ségolène Royal. Tout comme le président du Modem, François Bayrou. Et, dans les sondages, il existe désormais une compréhension majoritaire des actes de colère face aux fermetures d'entreprises. L'approbation est plus forte chez les ouvriers, les employés et les non-diplômés ainsi que chez les électeurs extrémistes, catégories que Nicolas Sarkozy avait su rallier pendant sa campagne de 2007. Conscient de ces risques de décrochage, le chef de l'État renoue depuis plusieurs semaines avec la thématique sécuritaire qui lui avait porté chance dans la conquête de l'UMP puis dans celle de l'Élysée. Comme un éternel retour du débat droite-gauche entre risque d'insécurité et risque d'injustice. HÉLèNE FONTANAUD

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