Lagardère place ses pions pour racheter « Télérama »

Télérama », « Elle » et le « JDD » dans le même bateau ? Le scénario du rachat de l'hebdomadaire « Télérama » par le groupe Lagardèrerave;re n'est plus une menace fantôme. La Société des rédacteurs du Monde (SRM) et les autres actionnaires du groupe on en effet découvert récemment une clause confidentielle incluse dans le pacte d'actionnaires de juillet 2005 entre Lagardèrerave;re et Le Monde qui place le leader de la presse magazine aux premières loges d'une éventuelle cession de l'hebdomadaire. C'est Louis Schweitzer, président du conseil de surveillance, qui leur a révélé cette clause lors de la négociation du nouveau prêt avec BNP Paribas.Selon cette clause, dont « La Tribune » s'est procuré une copie, Lagardèrerave;re dispose, en cas de mise en vente de « Télérama » ou des autres magazines, d'« un droit de préférence dans un délai de trente jours à compter de la notification du projet ». À défaut d'accord entre Lagardèrerave;re et Le Monde, « le projet ne pourra être réalisé à un prix inférieur à celui proposé par Lagardèrerave;re pendant vingt-quatre mois sauf à proposer à nouveau l'opération à Lagardèrerave;re ». Concrètement, cela permet au groupe de bloquer la vente de « Télérama » pendant deux ans tout en conservant le droit de préemption.recapitalisation Si cette préférence existe depuis plusieurs années, et concerne sous d'autres conditions tous les titres du groupe y compris le quotidien, elle prend un relief tout particulier avec la mise en gage de « Télérama » début 2009. Pour éviter une recapitalisation à court terme dans de mauvaises conditions, le groupe, qui a perdu 43,7 millions d'euros en 2008, a souscrit un prêt de 25 millions d'euros auprès de la BNP Paribas. En contrepartie, le groupe a mis en gage « Télérama », son actif le plus rentable, et s'est engagé à lancer une recapitalisation d'ici à 2011. Par ailleurs, il devra rembourser 75 millions d'euros d'obligations remboursables en actions (ORA) d'ici à 2012 et investir dans son imprimerie à hauteur de « 30 millions d'euros minimum », estime un observateur. Au final, une recapitalisation de 50 millions à 100 millions d'euros serait nécessaire. Une commission constituée d'actionnaires travaille d'ores et déjà sur les modalités de cette recapitalisation. « La solution envisagée par Louis Schweitzer est d'émietter l'augmentation de capital », car la Société des rédacteurs du Monde, principal actionnaire, est farouchement opposée à une montée de Lagardèrerave;re au capital.À la direction du groupe Le Monde, on assure qu'il n'y a pas de volonté de vendre « Télérama » et que « la question de la cession se poserait seulement dans le cas où cette recapitalisation n'aurait pas lieu ». Mais la réussite de l'opération est incertaine, et, de son côté, Lagardèrerave;re a pris soin de réaffirmer son droit de préemption lors de la négociation du prêt, retardant même la signature avec BNP d'une quinzaine de jours.Racheté en 2003, « Télérama » est la pépite du groupe avec une diffusion de 640.000 exemplaires dont 540.000 abonnés. La Société des personnels de l'ex-groupe Vie Catholique compte utiliser le droit de veto dont elle dispose pour éviter que l'hebdomadaire tombe dans l'escarcelle de Lagardèrerave;re. Par ailleurs, le magazine a déjà pris les devants et noué quelques contacts avec des acheteurs potentiels. In fine, il espère trouver une solution pour retrouver son indépendance, via le soutien de ses lecteurs, l'aide d'un mécène et une levée de fonds auprès d'une banque.

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