Madame Merkel se fâche

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chronique des tauxMardi dernier, Mme Merkel, chancelier allemand, s'est fâchée. Elle a dit que les banques centrales ne devaient pas se laisser aller à des politiques d'expansion monétaire. Elle a critiqué sévèrement la Fed, la Banque d'Angleterre et même la BCE qui a « légèrement cédé à la pression internationale ». Rigueur et restrictions doivent être les mots d'ordre. Angela Merkel, comme tous les conservateurs allemands, considère que l'inflation est la pire dérive. Elle apporte donc un soutien efficace à M. Trichet et aux « faucons » de la BCE (« Jean-Claude Trichet se sent conforté par Mme Merkel », titrait « Le Monde »). C'est très important pour la BCE, car même une banque centrale indépendante est en effet soumise à une certaine « pression » et il est bon qu'elle reçoive du soutien. Le plus significatif dans cette affaire a été le silence des hommes politiques dans les autres pays. On n'a pas entendu les dirigeants grecs, ni les Français, ni tous ceux qui préconisaient l'assouplissement monétaire. L'autorité de Mme Merkel s'est imposée sans discussion. Pendant longtemps, on s'est demandé qui gagnerait la sourde bataille entre monétaristes et keynésiens dans la zone euro. Il est à peu près sûr maintenant que ce sera les monétaristes, c'est-à-dire la BCE soutenue par le gouvernement allemand. La BCE va adopter une politique restrictive et sera très vigilante sur l'inflation, contrairement à la Fed américaine. L'euro sera une monnaie forte, à l'inverse du dollar. Il n'y aura pas d'inflation dans la zone euro, il y aura même de la déflation, contrairement aux États-Unis. Les taux des obligations en euros vont baisser, contrairement à ceux des obligations en dollars. Mais il faudra que les États de la zone euro équilibrent leur budget et il n'est pas sûr qu'ils y parviennent tous. Il faudra aussi que les acteurs économiques s'adaptent à des politiques restrictives à la fois sur la monnaie et sur les budgets. Nous maintenons notre prévision : inflation et hausse des taux longs aux États-Unis, déflation et baisse des taux longs en zone euro. nLa BCE va adopter une politique restrictive et sera très vigilante sur l'inflation, contrairement à la Fed américaine. L'euro sera une monnaie forte, à l'inverse du dollar. Par Maurice de Boisseson (Octo Finances).

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