Un pilier de la Françafrique

Omar Bongo n'est mort ni au Gabon ni en France. Ce pilier de la Françafrique avait choisi de se faire soigner en Espagne. Une décision qui doit beaucoup à la dégradation des relations entre Paris et le petit émirat pétrolier africain après le dépôt d'une plainte pour « recel de détournement de fonds publics » en France en raison de l'incroyable patrimoine immobilier constitué par la famille Bongo en France. Propulsé à la tête du pays équatorial en 1967, Omar Bongo s'est maintenu au pouvoir pendant plus de quatre décennies sans un seul coup d'État. Il a réussi à préserver la paix alors que nombre de pays voisins ont été meurtris par de terribles guerres civiles. Mais il échoué à sortir le Gabon du sous-développement malgré une importante manne pétrolière. Le pays n'arrive qu'au 119e rang de l'indicateur de développement humain de l'ONU alors qu'il affiche l'un des PIB par tête (près de 7.000 dollars) parmi les plus élevés du continent. Omar Bongo était en revanche très investi dans la vie politique française. Il ne s'est jamais caché d'avoir financé les campagnes électorales des principaux partis politiques. L'an dernier, il avait obtenu la tête de l'ancien secrétaire d'État à la Coopération, Jean-Marie Bockel. Ce dernier avait eu l'outrecuidance de vouloir signer « l'acte de décès de la Françafrique ». X. H.

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