La succession d'Omar Bongo s'annonce difficile au Gabon

AfriqueLe président du Gabon, Omar Bongo Ondimba, est décédé hier à 14?h?30, à l'age de 73 ans. Il était hospitalisé depuis plusieurs semaines à la clinique de Quiron, à Barcelone, où il était traité pour un cancer des intestins. Les autorités gabonaises avaient dans un premier temps vigoureusement démenti l'information de son décès, relayée par la presse dès dimanche soir (« La Tribune » d'hier). Le Premier ministre gabonais, Jean Eyeghe Ndong, a finalement annoncé en fin d'après midi que le chef de l'État gabonais venait de rendre l'âme « des suites d'un arrêt cardiaque ». Nicolas Sarkozy a exprimé sa « tristesse » et son « émotion », ajoutant que la France resterait « aux côtés du Gabon ».La disparition du doyen des chefs d'État africains suscite des inquiétudes dans cette région instable. La vice-Première ministre gabonaise, Georgette Koko, a appelé hier les Gabonais à « rester unis et solidaires » après avoir annoncé à la télévision gabonaise le décès du président. Le ministère de la Défense, dirigé par Ali Bongo, le fils du président Bongo, a décidé « la fermeture des frontières terrestres, aériennes et maritimes », tandis que la base militaire française de Libreville, la capitale gabonaise, a été placée en état d'alerte. Le gouvernement s'est engagé à respecter la Constitution et les institutions. À Paris, on insistait essentiellement sur cette « dimension institutionnelle ». « Dans un pays où la dernière transition remonte à 1967, la seule planche de salut passe par le respect des institutions », précise un diplomate français, tout en reconnaissant que « ça ne va pas être facile ».une logique dynastiqueDepuis que le président s'est mis en « vacance » du pouvoir, l'intérim est assuré par la présidente du Sénat, Rose Rogombé, sénatrice du Parti démocratique gabonais (PDG), le parti fondé par Omar Bongo en 1968. La Constitution stipule que le président du sénat dispose de « quarante-cinq jours au plus » pour organiser une nouvelle élection présidentielle, « sauf cas de force majeure constatée par la Cour constitutionnelle ».La succession d'Omar Bongo est compliquée par le fait qu'il n'avait pas désigné de dauphin et que les partis d'opposition sont désorganisés. Or une sourde bataille se livre depuis plusieurs mois entre les différents prétendants. Dans une logique dynastique, Ali Bongo, 50 ans, semble le candidat le plus sérieux. Il occupe actuellement le poste clé de ministre de la Défense. Il s'est également imposé comme un poids lourds du PDG. Mais le fils aîné d'Omar Bongo est loin de faire l'unanimité. Né au Congo-Brazzaville voisin, élevé en France, il maîtrise mal les dialectes locaux. Et, est considéré comme un étranger par une partie de la rue. D'autant qu'on prête à Pascaline Bongo, sa s?ur aînée et directrice du cabinet d'Omar Bongo, des ambitions politiques. Elle a le soutien des milieux d'affaires français. Elle siège également au conseil d'administration de Total Gabon. Le ministre des Affaires étrangères, Paul Toungui, également marié à Pascaline Bongo, pourrait également entrer en lice.

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