Nouvelle année zéro au PS, sept ans après 2002

Le conseil national réuni ce soir rue de Solferino sera houleux. Déjà élue première secrétaire du Parti socialiste grâce à une victoire contestée sur Ségolène Royal en novembre, Martine Aubry avait fait des européennes le premier test de son leadership. L'échec est cinglant, le PS plongeant au niveau qui avait valu à Lionel Jospin son élimination au premier tour de la présidentielle de 2002.Depuis la défaite de Ségolène Royal à la présidentielle en 2007, le PS est allé de crise en crise, s'enfonçant dans des querelles de personnes, sans jamais parvenir à offrir aux Français les idées dignes du parti pivot d'une alternative à Nicolas Sarkozy. « Chez nous, c'est le règne des arrière-pensées, mais pas de la pensée », ironise un élu. Martine Aubry l'a reconnu hier et a promis « d'accélérer le mouvement de rénovation ». Un séminaire doit se tenir le 7 juillet.La pression est maximale sur Martine Aubry. Si elle n'est pas menacée par une révolution de palais, que les statuts du PS rendent difficile, la patronne du parti va devoir donner des gages. Et notamment à Ségolène Royal. Les deux rivales se sont affichées tardivement dans la campagne, une ébauche de réconciliation qui est apparue un peu factice.Hier, l'ex-candidate à la présidentielle, qui n'a pas pris la parole dimanche soir, est restée discrète, indiquant qu'elle préférait « prendre le temps d'analyser le message des Français et le résultat préoccupant pour le PS ». Ségolène Royal a précisé qu'elle s'exprimerait « au moment où ce sera le plus utile ».« on veut des actes »Mais Martine Aubry est aussi contestée dans la majorité hétéroclite constituée autour d'elle au congrès de Reims pour barrer la route à Ségolène Royal. Faouzi Lamdaoui, un proche de François Hollande, a demandé à la première secrétaire du PS « comment elle compte réorganiser les choses ». « Nous ne demandons pas des têtes mais on veut des actes », a-t-il insisté. L'une des réponses de la direction pourrait être l'accélération du débat sur l'organisation de primaires pour la présidentielle de 2012. Secrétaire national à la rénovation du PS, Arnaud Montebourg a affirmé qu'il fallait désormais « construire le nouveau parti de toutes les gauches » et que « la première étape » en serait l'organisation de « grandes primaires populaires ouvertes à toute la gauche » pour désigner celui ou celle « qui affrontera Nicolas Sarkozy ». Cette initiative serait toutefois risquée car le sujet ne fait pas consensus au PS. Et, réduit électoralement, le parti n'est actuellement pas en position de force pour négocier avec ses partenaires à gauche. Ce qui laisse d'ailleurs augurer une nouvelle campagne difficile pour les régionales de 2010.HÉLÈNE FONTANAUD

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