Le Royaume-Uni évite d'être trop sévère avec ses banques

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égulation bancaireTout ça pour ça? Le très attendu livre blanc sur la régulation bancaire, présenté hier par le gouvernement britannique, n'a guère surpris, confirmant la volonté de Downing Street de ne pas s'attaquer trop violemment à la finance. « Ce sera accueilli par la City avec un soupir de soulagement », attaque Vince Cable, député des libéraux-démocrates. Les réactions positives des associations bancaires et des assureurs semblent lui donner raison.Alistair Darling, le ministre de l'Économie, a décidé d'écarter les mesures les plus draconiennes. Pas question par exemple d'obliger à séparer les banques en deux, avec, d'un côté, la banque de détail et de l'autre, la banque d'investissement. Pas question non plus de limiter la taille des établissements financiers, malgré l'argument selon lequel certains d'entre eux sont tellement gros qu'il devient impossible aux gouvernements de les laisser faire faillite sans intervenir. « Ce serait simpliste, explique Alistair Darling. Des petites banques peuvent présenter une menace pour l'ensemble du système, comme l'a prouvé Northern Rock. » Il souligne aussi que la crise a touché des banques qui étaient très présentes sur l'aspect « casino » du métier (Royal Bank of Scotland, par exemple), mais également d'autres qui étaient essentiellement des établissements traditionnels (HBOS, par exemple).Le livre blanc contient cependant plusieurs recommandations qui vont changer la vie des banques. La plus importante porte sur le niveau de leur capital. Si la FSA, le régulateur, a déjà annoncé qu'elle allait demander de l'augmenter de façon contre-cyclique, Alistair Darling va plus loin. Le niveau exigé dépendra non seulement du risque présenté par l'institution financière, mais aussi de sa taille : plus elle pourra potentiellement entraîner dans sa chute l'ensemble du système, plus le montant qu'elle devra mettre de côté sera important.Un autre changement important concerne le fonds chargé de rembourser les clients des banques qui font faillite. Celui-ci est, pour l'instant, financé a posteriori. Le gouvernement britannique veut qu'il soit désormais préfinancé. Mais il précise que ce système peut attendre 2012, afin de ne pas prendre à la gorge les banques déjà mal en point.Attendre les électionsQuant aux rémunérations, le gouvernement confirme ce qui avait déjà été décidé : la FSA tiendra compte de la structure des salaires pour estimer le risque posé par les banques, et donc augmenter potentiellement le niveau exigé de fonds propres.Enfin, le livre blanc clarifie la bataille entre la FSA et la Banque d'Angleterre. La première sera chargée de superviser chaque institution, mais le risque macroéconomique de l'ensemble des banques reviendra à la deuxième.Mais ces propositions, qui doivent d'abord être déclinées en projet de loi, sont suspendues à une énorme interrogation : le résultat des élections générales l'année prochaine. Les conservateurs, favoris, ont promis hier de renforcer beaucoup plus la Banque d'Angleterre, réduisant la FSA à un rôle de simple défenseur des consommateurs. L'ensemble de la régulation bancaire britannique serait alors remis en cause.Éric Albert, à Londre

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