Tensions belgo-néerlandaises autour de Fortis

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Une semaine après un plan concerté du Benelux pour sauver Fortis , la nationalisation de cette banque aux Pays-Bas, le 4 octobre, provoque des tensions avec la Belgique. Alors que les journaux belges titrent sur " une revanche néerlandaise " , Wouter Bos, le ministre néerlandais des Finances, a aggravé le ressentiment en déclarant que Fortis Nederland serait " saine en tant qu'entité séparée " , tandis que " beaucoup des problèmes étaient cachés dans la partie belge de Fortis ". La Haye a pris sa décision après les couacs du 3 octobre à Paris. Ce jour-là, Nicolas Sarkozy a démenti toute idée de plan européen face à la crise. Or, le Premier ministre néerlandais, Jan Peter Balkenende, était venu lui proposer que chaque pays de l'Union européenne affecte 3 % de son PIB à des fonds nationaux gérés en concertation avec les autres pays membres.Tirant les leçons de cet échec, les Pays-Bas ont fait cavalier seul, dès le lendemain, en nationalisant les opérations de Fortis Nederland, sans concertation avec les voisins. " Les Belges sont furieux, ce qui est compréhensible ", commentait lundi le quotidien de centre gauche Trouw. Le quotidien conservateur à grand tirage De Telegraaf se gaussait pour sa part de la " navrante déconfiture de Fortis, conséquence d'une crise financière mondiale et de la témérité des banquiers de Fortis ".Les commentateurs néerlandais reprochent à la maison mère de Fortis, en Belgique, d'avoir fait une erreur en rachetant pour 24 millions d'euros les opérations d'ABN-Amro aux Pays-Bas, en octobre 2007. Le PDG d'ABN-Amro avait lui-même émis des doutes sur la solvabilité de Fortis au moment de ce rachat. Quelques mois plus tard, la crise des subprimes a mis Fortis dans l'ornière. Si la fierté belge en a pris un coup, la nationalisation de Fortis n'agace pas qu'à Bruxelles. La banque néerlandaise Rabobank a demandé mardi qu'une limite soit fixée aux parts de marché de Fortis, dans la mesure où cette banque est soutenue par l'État, contrairement à ses concurrentes.

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