Jeu de pouvoir entre les Banques Populaires et l'Écureuil

Dans le monde mutualiste, les jeux de pouvoirs priment toujours. Hier, le conseil de surveillance de la Caisse Nationale des Caisses d'Épargne (CNCE) et le conseil d'administration de la Banque Fédérale des Banques Populaires (BFBP) ont quasi unanimement approuvé l'ouverture des négociations en vue de se marier. Les deux banques se donnent jusqu'à la fin de l'année pour trouver un accord final de fusion. Le nouvel ensemble disposera de plus de 40 milliards d'euros de fonds propres et de 480 milliards d'épargne et de dépôts. À l'appui d'un réseau de 8.200 agences en France et de près de 100.000 collaborateurs, il dégagera un produit net bancaire de 17,5 milliards d'euros. Les négociations sont d'ores et déjà entrées dans la phase cruciale puisque les deux mutualistes discutent de la gouvernance du nouveau groupe. Comme nous l'écrivions hier, Philippe Dupont, patron des Banques Populaires, devrait prendre la présidence du directoire du nouvel ensemble. Charles Milhaud a luimême indiqué sur Radio Classique que l'intéressé avait "toutes les qualités pour être le président du nouvel ensemble". Le président de l'Écureuil affiche sa volonté de mener les négociations avec les Banques Populaires en vue de les fusionner avec son groupe.Mais son avenir àmoyen terme reste flou. "Pendant le conseil de surveillance, Charles Milhaud a laissé entendre à plusieurs reprises qu'une fois la fusion effectuée il pourrait tirer sa révérence", a expliqué un membre de ce conseil à La Tribune. De fait, le mandat de Charles Milhaud vient à échéance fin 2009. Or l'homme nourrit des ambitions politiques dans son fief marseillais. Pour éviter tout déséquilibre des forces en présence, c'est cependant un "écureuil", — reste à savoir lequel —, qui héritera de la présidence du conseil de surveillance du nouveau groupe. Du côté des Caisses d'Épargne, la priorité semble toutefoismoins d'assurer la présence en bonne place de leurs dirigeants dans le nouvel organe que de s'entendre sur un schéma économiquement solide. Un membre du conseil de surveillance de la CNCE souligne qu'aucun de ses pairs ne s'est inquiété du sort de Charles Milhaud et de son dauphin, Nicolas Mérindol, directeur général du groupe bancaire. Selon toute vraisemblance, ce dernier et son homologue aux Banques Populaires, Bruno Mettling, trouveront leur place au directoire. De cette équation très politique découlera l'équilibre économique du futur groupe. Car le principe d'une fusion entre égaux reste une condition sine qua non au rapprochement des deux mutualistes. Pour autant, l'équilibre des pouvoirs pourrait peut-être sortir du cercle des Caisses d'Épargne et des Banques Populaires et s'élargir à celui de leur filiale commune Natixis. Le directeur financier de l'Écureuil va ainsi prendre lesmêmes fonctions chez Natixis.

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