L'hôpital de Calais, passé de pertes à profits

Bâtiment austère, locaux vétustes et pas de parking pour les visiteurs. Le centre hospitalier de Calais, construit en 1976 en plein centre-ville, n'a pas été conçu pour les patients. Dans une région défavorisée, où il n'est pas aisé d'attirer des médecins, l'établissement qui empilait les déficits depuis les années 1990 est aujourd'hui cité en exemple. Alors que de nombreux hôpitaux plongent dans le rouge, Calais a ramené ses comptes à l'équilibre. « On a été pionnier dans le déficit et dans le redressement », résume d'un sourire la jeune directrice des finances, Isabelle Druesne. Après avoir épuisé les rallonges financières, et affiché 10 millions d'euros de déficit cumulé pour un budget annuel de 100 millions, l'hôpital est sommé de mettre en ?uvre un plan de redressement. « Ça nous a fait l'effet d'un électrochoc », se rappellent d'une même voix les personnels soignants et administratifs. Trois ans et demi après l'opération de sauvetage, les équipes qui souffraient de la réputation de l'établissement se félicitent des efforts accomplis, même si « ça n'a pas été facile ». Pour Claire Simonin, la directrice des ressources humaines, Calais faisait partie des perdants de l'ancien mode de financement des hôpitaux, l'enveloppe globale attribuée par le ministère de la Santé. « Nous avions trop de personnel par rapport à notre dotation », explique-t-elle. L'hôpital dit s'en être sorti grâce à son plan d'économies, qui a permis de réduire ses dépenses, et à la tarification à l'activité (T2A), qui a permis d'augmenter ses recettes. « Les dépenses de personnel représentaient 70 % de notre budget en 2005, alors nous avons arrêté de remplacer les départs en retraite, ce qui a permis de réaliser sur trois ans une économie de 52 postes à temps plein sur un total de 1.180. Nous avons également réduit les CDD et le recours aux contractuels pour les remplacements », détaille la DRH. OptimisationToutes les sources potentielles d'économies sont exploitées : les comptes rendus médicaux sont retranscrits au Maghreb, le scanner est partagé avec un cabinet d'imagerie libérale en ville et le plateau technique a été ouvert aux praticiens libéraux de la clinique, contre redevance. La T2A, souvent décriée, est ici plébiscitée par la direction. « Pour paraphraser Churchill, je dirais que la tarification à l'activité est le pire des systèmes à l'exclusion de tous les autres », lance le directeur, Philippe Blua. « Elle a orienté notre choix d'activité vers ce qui rapporte davantage, explique Claire Simonin. Par exemple, la chirurgie, que nous avons développée, ce qui nous a permis de financer des activités moins rentables comme la gérontologie. » Même l'équipe médicale a adhéré. « J'opère, puis je vais coder mes actes dans l'ordinateur. C'est important de bien organiser le bloc opératoire car, plus on fait d'actes, plus on ramène de sous pour l'hôpital, ce qui permet de créer de nouvelles activités. Sinon, c'est du gâchis », commente le docteur Haidar, chef de service chirurgie traumatologique. Pour récompenser ces efforts, la tutelle a repris une partie de la dette de l'hôpital mais, surtout, elle autorise et aidera la construction d'un nouvel hôpital, aux portes de la ville, qui devrait ouvrir ses portes en 2012. Véronique Chocron, à Cal

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