Swisscom donne une leçon de concurrence dans la fibre optique

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télécomsEncore trois semaines. Après avoir reçu les copies des différents opérateurs, l'Autorité de régulation des télécoms (Arcep) arrêtera à la fin du mois de juin les règles du jeu marché français de la fibre optique. Les premières orientations sont connues. Début avril, Jean-Claude Mallet, alors président de l'Arcep, a reconnu que le régulateur penchait pour le multifibre. Prônée par Iliad, cette solution consiste à déployer plusieurs fibres dans chaque foyer pour que chaque opérateur ait la sienne. En revanche, pour Orange et SFR, le multifibre est hérétique, notamment en raison du surcoût d'investissement qu'il engendre?: entre 30 % et 80 % selon Orange, soit 1,8 milliard d'euros au total. Une dépense supplémentaire que le consommateur ou le contribuable devront payer, prévient la direction d'Orange.Pourtant, la solution multifibre a déjà été adoptée dans certains pays, dont la Suisse. Et avec un surcoût d'investissement nettement moindre. « La dépense supplémentaire est de l'ordre de 10 % à 15 % », a affirmé hier Frédéric Gastaldo, responsable de la stratégie et de l'innovation de Swisscom, lors des 3es assises du très haut débit organisées au Sénat.Même si son marché est plus petit que celui de la France, la Suisse fait figure de laboratoire grandeur nature « pro-multifibre ». Swisscom et ses différents partenaires, opérateurs concurrents mais aussi sociétés locales d'électricité, font ainsi monter dans chaque foyer quatre fibres optiques distinctes, reliées sur un petit boîtier avec quatre prises. Soit un investissement directement partagé par les différents opérateurs. S'il est supporté par un seul acteur, celui-ci revend les fibres dont il n'a pas l'usage à ses concurrents.quasi-monopolesPlutôt poussé par les opérateurs alternatifs, ce discours pro-multifibre étonne venant d'un opérateur historique. D'autres exemples étrangers ont en effet montré que grâce à la fibre optique, et à leurs moyens financiers plus importants, des opérateurs ont réussi à recréer des quasi-monopoles. Le japonais NTT détient ainsi 70 % des abonnés du pays à la fibre contre 42 % à l'ADSL. Frédéric Gastaldo reconnaît que Swisscom « a renoncé au fantasme du monopole de l'opérateur historique, à l'idée qu'il doit être le seul à avoir une prise dans l'appartement ». Mais selon lui, « la concurrence dans le réseau fixe à très haut débit, comme celle qui existe dans la téléphonie mobile, permet la mise en place d'une compétition économique sensée ». À charge alors pour les opérateurs de se différencier sur les services proposés (télévision haute définition, contenus?) et les prix. Olivier Pinaud le multifibre consiste à déployer plusieurs fibres dans chaque foyer.

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