Le Gabon a encore pour vingt ans de pétrole

L'histoire du Gabon est celle d'un grand gâchis. Ce petit pays faiblement peuplé ? 1,5 million d'habitants ? et richement doté n'a pas su tirer profit d'une manne pétrolière qui se tarit inéluctablement. Alors que le gouvernement a saisi hier la Cour constitutionnelle pour constater « la vacance du pouvoir » et organiser des élections d'ici 45 jours, gageons que le successeur d'Omar Bongo, dont le corps devrait être rapatrié vendredi à Libreville, fera meilleur usage des richesses du pays.Le Gabon est l'une des zones pétrolifères les plus anciennes du continent. La Société des pétroles d'Afrique-Équatoriale française (Spaef) s'installe dans la colonie française en 1947. Dix ans plus tard, le premier tanker de brut gabonais prend la mer pour les raffineries du Havre. Elf et Shell occuperont seuls le terrain pendant dix ans. Omar Bongo, qui prend le pouvoir en 1967, met un terme à ce quasi-monopole et ouvre son pays à d'autres compagnies pétrolières. Les découvertes se multiplient. La production atteint 225.000 barils par jour en 1975, puis 350.000 barils en 1998. Depuis une décennie, elle oscille autour de 230.000 barils par jour, grâce notamment à de lourds investissements des compagnies pétrolières pour améliorer le taux de récupération des gisements. « Le pays a mangé son pain blanc », estime Philippe Sebille Lopez, spécialiste des questions pétrolières à l'Institut français de géopolitique. Avec des réserves prouvées de l'ordre de 2 milliards de barils, le robinet des pétrodollars arrêtera de couler dans une vingtaine d'années.Manganèse, fer et forêt Une perspective inquiétante pour ce petit pays habitué à l'argent facile du pétrole. Celui-ci représente la moitié du PIB et assure près des deux tiers des recettes budgétaires du Gabon. Mais l'État dispose d'autres richesses. Le manganèse est le deuxième produit d'exportation du pays. Sa production (3,3 millions de tonnes en 2008) en est assurée par la Comilog, contrôlée aux deux tiers par le français Eramet. Le pays possède également l'un des plus importants gisements de fer au monde à Belinga, au nord-est du pays (1 milliard de tonnes de réserves), dont l'exploitation a été confiée à la Chine. Il possède également de l'uranium. Areva songe notamment à rouvrir la mine de Mounana, fermée à la fin des années 90.Coupé par la ligne de l'Équateur, le Gabon est également couvert d'une épaisse forêt. L'industrie forestière constitue le deuxième secteur économique du pays?: elle attire de nouveaux acheteurs, notamment chinois. Xavier HarelLe manganèse est le deuxième produit d'exportation du pays. Sa production a été de 3,3 millions de tonnes en 2008.

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