Le Vatican se pose en défenseur des pays les plus pauvres

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développementLettre à la présidence du G8, une encyclique entièrement consacrée à la globalisation, tête-à-tête aujourd'hui de Benoît XVI avec Barack Obama : le Saint-Siège fait feu de tout bois en ce moment pour peser sur les consultations multilatérales. Par des positions très tranchées sur l'aide au développement et sur la lutte contre la pauvreté, le pape essaie ainsi d'exercer une influence pas seulement morale sur les changements en cours. Se faisant l'avocat des pays en développement les plus pauvres, le Saint-Siège peut espérer maintenir ou regagner du crédit dans ces pays où il compte des millions de fidèles, notamment en Afrique et en Amérique latine. insatisfaction du papeÀ la veille du sommet du G8 de L'Aquila, non loin du Vatican, le pape a adressé une longue lettre à Silvio Berlusconi, qui préside cette réunion, pour « lancer un appel aux pays membres du G8 », une pratique introduite en 2000 par Jean-Paul II. Benoît XVI y plaide pour un « élargissement du G8 à d'autres régions », mais surtout ne se satisfait pas de l'ouverture aux « grands pays émergents comme la Chine, l'Inde, le Brésil, le Mexique, l'Afrique du Sud » réalisée hier à L'Aquila autour des thèmes du commerce et du réchauffement climatique (voir ci-contre). « Lors des négociations et des décisions concrètes et opérationnelles, il faut tenir compte de toutes les instances, non seulement des pays les plus importants ou ayant un succès économique plus marqué [?] : il faut écouter la voie de l'Afrique et des pays moins développés économiquement ! », écrit le pape. D'ailleurs, dans la nouvelle encyclique sur l'économie, « Caritas in veritate », publiée mardi dernier (voir « La Tribune » du 8 juillet), Benoît XVI cloue au pilori les richesses exhibées dans certains pays émergents : « certains groupes jouissent d'une sorte de surdéveloppement où consommation et gaspillage vont de pair ». « Les aides internationales [aux pays pauvres, Ndlr] ont souvent été détournées de leur destination, en raison d'irresponsabilités qui se situent aussi bien dans la chaîne des donateurs que des bénéficiaires », critique l'encyclique. Benoît XVI et Barack Obama devraient signaler une position commune précisément sur l'aide au développement. « Le problème de l'insécurité alimentaire doit être affronté dans une perspective à long terme, en éliminant les causes structurelles qui en sont à l'origine et en promouvant le développement agricole des pays les plus pauvres à travers des investissements en infrastructures rurales, en systèmes d'irrigation, de transport, d'organisation des marchés, en formation et en diffusion des techniques agricoles appropriées », plaide l'encyclique de Benoît XVI. Dans un entretien à des médias catholiques américains, Barack Obama vient d'indiquer « avoir un plan très solide pour le développement, autour de l'autosuffisance agricole de nombreux pays ». n

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