Rio Tinto, l'espion
La Tribune
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Le ton monte entre la Chine et Rio Tinto. Le Bureau des secrets d'État, organe du comité central du Parti communiste, confirme son accusation d'espionnage à l'égard du groupe minier anglo-australien. L'arrestation, début juillet, de quatre de ses salariés, dont le directeur du bureau de Shanghai, aurait donné lieu à des fouilles riches en révélations, selon les autorités chinoises. Elles évoquent « le grand nombre de données et d'informations sur le secteur sidérurgique chinois trouvé dans les ordinateurs de Rio Tinto et les dommages importants aux intérêts et à la sécurité économique du pays ». Au total, le producteur de minerai (fer, bauxite, cuivre, charbon, etc.) est accusé d'avoir sévi pendant six ans et d'avoir causé un préjudice de près de 700 milliards de yuans (72 milliards d'euros). Soit plus que la capitalisation boursière de Rio Tinto. Selon certains médias chinois, la société aurait même corrompu les responsables de seize grands aciéristes. D'aucuns y voient une tentative de déstabilisation. Surtout à l'heure où les négociations sur le prix du fer battent leur plein entre les industriels chinois de l'acier et les grands producteurs (Rio Tinto, BHP et Vale) qui représentent les trois quarts des exportations mondiales. L'affaire survient également deux mois seulement après le camouflet infligé par Rio Tinto à ChinalCo. Le 5 juin, il avait préféré s'allier dans une coentreprise avec son compatriote et concurrent BHP Billiton plutôt que de laisser le groupe public chinois se renforcer dans son capital. Fabio Marquetty avec AFP
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