La fin de l'OPA sur Rio ne sonne pas le glas de la consolidation

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En annonçant il y a quinze jours renoncer à son OPA sur Rio Tinto, BHP a jeté un froid sur la vague de concentrations qui agitait le secteur minier. En effet, les banques rechignant à se financer des fusions-acquisitions aux côtés du numéro un mondial, on imagine mal qu'elles soutiennent des acteurs de second rang. Autrement dit, tant que les conditions de financement ne se seront pas assouplies, ce genre d'opérations ne sera pas remis à l'ordre du jour? certains avançant le courant de l'année prochaine.Mais le renoncement de BHP est loin de sonner le glas de la consolidation du secteur. Sa décision a certainement mis un terme aux mégafusions. Car plus que la dette de Rio Tinto, pour laquelle il avait depuis longtemps contracté une ligne de crédit de 55 milliards de dollars, ce sont bien les concessions demandées par la Commission européenne qui ont refroidi le numéro un mondial du secteur. Sur ce point, seule une opération sur Anglo American, dont le portefeuille d'actifs est diversifié, pourrait être envisagée sans attirer les foudres des autorités de la concurrence.nouvelles ciblesMais le déclin des fusions titanesques ne remet pas en cause des opérations de moindre envergure et, dans ce contexte, avec un bilan sain (à peine 6 milliards de dollars de dette), BHP reste le premier des prédateurs. Les noms d'éventuelles cibles sont d'ailleurs déjà évoqués. À l'image de FMG, premier groupe indépendant dans le minerai de fer australien. « Le scénario d'une prise de participation nous paraît crédible », indique Luc Pez, analyste chez Oddo. « BHP Billiton pourrait en effet décider de saisir cette alternative unique à l'acquisition de Rio Tinto dans la région de Pilbara (Ndlr : ouest australien) », souligne ce dernier, qui fait valoir par ailleurs que, par contraste avec Rio, les contraintes antitrust et bilancielle ne pèseraient pas sur une prise de contrôle.Outre BHP, un Vale ou un Anglo American, voire un Xstrata au bilan moins solide, font office de prédateurs potentiels. Il y a en effet fort à parier que ce dernier reparte l'an prochain à l'assaut de Lonmin, dont il a sécurisé 25 % du capital. Mais la tendance est désormais donnée?: les opérations minières à venir n'auront plus le gigantisme d'avant. n

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