Le textile espagnol tente de surmonter la crise

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textileCela fait près de dix ans que nous nous restructurons. Et voilà que nous tombent dessus la chute de la consommation et le blocage du crédit?! » Josep Casas, le président du Conseil intertextile espagnol, qui représente plus de 6.000 entreprises du textile et de la confection et 7 % de l'emploi industriel espagnol, est inquiet. Un secteur éclaté entre une myriade de PME et les chaînes internationales comme Inditex (Zara), Mango ou Cortefiel, touchées elles aussi comme le montrent les résultats trimestriels présentés hier par Inditex, avec une baisse de 16 % du bénéfice net et de 7 % de l'Ebitda.« Les ventes ont chuté de 20 % à 30 % en mars et avril, après déjà 8 % à 10 % en janvier et février », assure Angel Asensio, président du syndicat de la confection. Et ce, après un recul de 5,8 % en 2008. Pourtant, le secteur s'est déjà bien restructuré?: entre 2004 et 2008, il a réduit de 25,1 % ses effectifs et de 18,8 % sa production, l'exportation passant de 51,8 % à 77 % de la production.nouveaux marchésLes grandes maisons de confection vont accélérer cette internationalisation, comme Adolfo Domínguez, qui veut faire passer ses ventes à l'étranger de 20 % à 50 % dans cinq ans puis à 90 % en dix ans. Elles cherchent aussi de nouveaux marchés moins affectés par la crise. Comme les pays de la péninsule arabique, où Inditex compte déjà 160 magasins, Mango 60 (ses ventes y ont augmenté de 80 % en deux ans), Cortefiel 58. Ou encore la Chine, où Mango espère réaliser 10 % de ses ventes dans cinq ans. Inditex, lui, veut passer faire passer en trois ans de 34 % à 25 % ses ventes en Espagne. Et 95 % des magasins qu'il ouvrira en 2009 se situent à l'étranger.Le secteur réclame aussi des mesures d'appui à court terme. « L'État doit tenir compte des caractéristiques d'un secteur traditionnel comme le nôtre », souligne Josep Casas. « Par exemple, si les aides à la recherche sont incluses dans une enveloppe commune à tous les secteurs, comment pourrons-nous y aspirer face à la high-tech?? Et pourtant, nous devons créer des collections deux ou trois fois par an, même si cela n'est pas brevetable?! » Un argument d'autant plus fort que la valeur ajoutée et la recherche sont les meilleurs atouts face à la concurrence asiatique. « Toute la chaîne de production ne doit pas forcément rester en Espagne. On peut délocaliser un métier à tisser, mais pas un centre de décision ou de recherche. Nous devons conserver ce qui assure la valeur ajoutée. C'est là qu'est l'avenir du textile espagnol », conclut Josep Casas.

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