Tensions accrues sur les taux longs

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obligataireLa flambée des rendements des emprunts d'État de part et d'autre de l'Atlantique constitue un défi majeur pour les banques centrales. Elle compromet leurs efforts pour préparer le terrain à une reprise économique durable après une récession d'une ampleur inédite. La Réserve fédérale américaine et la Banque d'Angleterre se sont certes lancées dans l'assouplissement monétaire quantitatif via l'achat de bons du Trésor, et la Banque centrale européenne a élargi la gamme de ses outils non conventionnels en se préparant à acheter des obligations sécurisées, mais la tension n'a cessé de monter, en particulier depuis trois mois. besoins gargantuesquesAinsi, le rendement des obligations d'État américaines à dix ans s'est propulsé d'un plancher de 2,20 % en début d'année à 3,92 % hier, tandis que celui des bunds allemands de même échéance passait de 2,89 % à 3,72 %. Mercredi, Moscou a même été à l'origine d'un décalage particulièrement brutal sur les T-bonds américains ? les emprunts à trente ans qui ont longtemps fait référence ?. Après la Chine en fin de semaine dernière, la Russie projette de réduire la part des emprunts d'État américains dans ses réserves de changes de 401 milliards de dollars, les troisièmes du monde, au profit des obligations émises par le Fonds monétaire international (FMI), a annoncé hier un haut responsable de la banque centrale. Les réserves russes sont aujourd'hui composées à environ 30 % de Treasuries. Moscou s'était engagé auparavant à investir environ 10 milliards de dollars dans des obligations que le FMI prévoit d'émettre pour financer des aides apportées à des pays touchés par la crise. Mais alors que se rapproche le sommet des Bric, les quatre géants émergents, qui se tient à Moscou en début de semaine prochaine, l'offensive contre l'Oncle Sam prend de l'ampleur de la part de ses créanciers. Au risque de scier la branche sur laquelle ils sont assis?Derrière ce que certains redoutent un peu hâtivement de voir se transformer en krach obligataire, on retrouve le spectre de l'hydre inflationniste qu'ont fait resurgir les programmes de relance massifs mis en place en Europe et surtout aux États-Unis et les besoins d'emprunts du secteur public gargantuesques des principales puissances économiques de la planète. L'Europe, où le mouvement de hausse des taux longs a été nettement moins brutal, semble cependant mieux immunisée que les États-Unis, dont les rendements à dix ans sont désormais supérieurs à ceux de l'Allemagne. À cela, une raison?: le financement des déficits américains est tributaire de la capacité des États-Unis à drainer l'épargne étrangère.Isabelle Croizard

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