Rebond spectaculaire des banques

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Comme de coutume lors d'une récession, la reprise des marchés boursiers s'est faite en grande partie grâce aux secteurs financiers. En Europe, le cours des banques a progressé de 102?% depuis le point bas du 9 mars dernier. Un tel rebond ne signifie pas pour autant que tous les problèmes sont derrière nous. Il faut en effet relativiser la hausse récente au regard de la chute de 83 % enregistrée entre le plus-haut d'avril 2007 et le creux du 9 mars 2009. D'ailleurs, la baisse totale des cours des banques européennes reste encore aujourd'hui considérable (? 66 %) par rapport au précédent sommet atteint il y a plus de deux ans. Depuis le début de l'année, le secteur réalise la deuxième meilleure performance boursière derrière les produits de base avec respectivement + 20,7?% et + 48,3?% contre une progression de l'indice DJ Stoxx 600 de seulement + 6,0?%. Profitant du regain d'appétit pour le risque, les banques américaines ont levé près de 100 milliards de dollars afin de rembourser le Trésor de ses injections au capital via le programme du Tarp. Qui plus est, le secteur profite d'une activité commerciale soutenue grâce aux émissions obligataires record et aux nombreuses augmentations de capital. La très forte repentification de la courbe des taux de part et d'autre de l'Atlantique est par ailleurs très favorable aux banques (elles se refinancent à court terme à des taux historiquement bas pour se placer sur la partie longue de la courbe). Depuis 1983, chaque fois que la pente de la courbe des taux a dépassé 350 points de base, les profits du secteur ont progressé en moyenne de 23 % au cours des douze mois suivants. Le consensus des analystes financiers n'est pas très loin de valider cette hypothèse, puisqu'il anticipe toujours un fort rebond des profits bancaires en 2009 (+ 37,8 % escomptés après une baisse historique de 78,1 % en 2008). Toutefois, toutes ces bonnes nouvelles semblent désormais bien intégrées par les marchés (stabilisation des cours du secteur depuis début mai), ce qui nous indique que les banques européennes auront du mal à aller beaucoup plus loin à court terme.

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