Le Spider Jump, ce cousin tranquille du saut à l'élastique,...
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Spider Jump, sensations pas si fortesS'élancer dans le vide a quelque chose d'impressionnant. Même avec un filin en carbone accroché dans le dos, qui se déroule progressivement jusqu'à l'arrivée, en douceur, 25 mètres plus bas.La plate-forme de départ du saut, suspendue au viaduc de la Brème, surplombe la vallée noyée dans les arbres. Une fois le pas franchi, la descente s'effectue sans heurts grâce au système Powerfan, destiné à l'origine aux cascadeurs et à l'entraînement des SAS, les commandos de l'armée anglaise. Emmanuel Caillot, le directeur de la base de loisirs Syratu à Ornans, dans le Doubs, a eu l'idée d'adapter ce mécanisme pour étoffer son offre d'activités de plein air il y a un an.Lente descentePour élaborer ce dispositif, il a fait appel à la société savoyarde Prisme, spécialiste des aménagements des stations de ski et des parcs de loisirs. Homologué par le bureau d'études Alpes Contrôles, le Spider Jump entre en service cet été.À première vue, la plate-forme de départ paraît frêle. Mais la structure qui la surplombe, avec ses deux bras métalliques suspendus au-dessus du vide, l'est assurément moins. La poulie flambant neuve posée par-dessus évoque l'outillage des alpinistes.À la différence d'un palan, le câble ne se déroule que si le poids au bout est suffisant. Le candidat au saut doit peser plus de 35 kg pour emmener le câble jusqu'en bas. Résultat : il est vain de s'attendre à une sensation de chute libre comme lors d'un saut en élastique ou en parachute.Ici, pas de quoi remuer l'estomac, ni se décrocher la mâchoire à crier inconsciemment tout au long de la chute. Si l'accélération dans les airs atteint tout de même 10 m/s (36 km/h), la descente reste maîtrisée. On se joue de la gravité donc, au lieu de s'y prêter.L'avantage, c'est que toute la famille peut tenter l'expérience, à partir de 10 ans. Pourtant, malgré la fiabilité avérée du système, l'éventuelle préparation psychologique, et le regard rassurant du professionnel diplômé d'État qui a vérifié ses sangles avant de le laisser monter sur la plate-forme, le candidat au saut éprouvera peut-être au moment de s'avancer une légère appréhension, comme s'il ne trouvait plus finalement le vide si attirant. Il trouvera sans doute également des allures d'échafaud à la structure métallique au-dessus de sa tête. Et, les jambes un peu molles, il se lancera en laissant progressivement décoller les talons, comme si son existence ne tenait qu'à un fil. Charles Faugero
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