Les assureurs américains retiennent leur souffle

L'année 2009 sera-t-elle « horribilis » pour les assureurs ? Et tout cela par la faute d'El Niño ? Au contraire, les professionnels, en particulier américains, nourrissent l'espoir que ce phénomène climatique amoindrira la force des ouragans dans la Caraïbe. Et réduira ainsi leur facture. D'autant que l'année 2008 a été désastreuse. La crise financière a plombé les comptes de nombreuses sociétés, et, comme si cela ne suffisait pas, l'année 2008 s'est classée au quatrième rang des exercices les plus chers de l'histoire pour les assureurs en ce qui concerne les remboursements pour cause de catastrophes naturelles. Ainsi, Ike, Gustav et les autres ont causé 24 milliards de dollars de dégâts matériels. Et c'est la suite d'une longue série : depuis 2004, les États-Unis ont connu 9 des 12 catastrophes naturelles les plus coûteuses de l'histoire, dont Katrina, en 2005.Si les écologistes estiment que le réchauffement climatique accroît non seulement la force des ouragans, mais aussi leur nombre, les assureurs croisent les doigts : paradoxalement, le phénomène El Niño, qui est maintenant avéré, serait, selon les experts, de nature à réduire le nombre des ouragans dans les Caraïbes, ainsi que leur puissance. Des météorologues de l'université du Colorado confirment l'hypothèse d'une saison faible en ouragans, tout comme le Météo France américain.Néanmoins, les assureurs ne crient pas victoire. Ils ont tous en mémoire Andrew, en 1992, qui a engendré au total quelque 50 milliards de dollars de dommages, alors que c'était une année « El Niño »? Et puis, tout dépend de la direction que l'ouragan prendrait : « Si un ouragan passe à une centaine de kilomètres plus au nord qu'Andrew, le seuil des 100 milliards de dollars pourrait être atteint. Et de nombreux assureurs se retrouveraient dans le rouge », explique ainsi Alice Gannon, consultante chez EMB, un groupe de conseil international en actuariat. Selon une étude de ce cabinet, le seuil des 100 milliards de dollars de sinistre est en effet fatidique, « puisqu'il pourrait provoquer l'insolvabilité de plusieurs assureurs, ou engendrer des fusions forcées ». Pour l'heure, ces derniers ne peuvent qu'observer le ciel et espérer?Ryadh Benlahrech

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