Fébrilité estivale dans les syndicats

Hasard du calendrier et des statuts, au cours des prochains mois, presque toutes les organisations syndicales ? à l'exception de FO et de la CFTC ? tiendront leur congrès. L'Unsa ouvrira le bal fin novembre à Pau. Suivront, en décembre, la CGT à Nantes, puis la CFE-CGC à Reims en février. Enfin, juste avant l'été prochain, François Chérèque sollicitera un nouveau mandat pour diriger la CFDT. Mais d'ores et déjà, dans la torpeur estivale, les esprits s'échauffent. Car les congrès prendront, cette saison, une importance toute particulière. La loi sur la représentativité syndicale d'août 2008, qui prévoit qu'en 2013 seules survivent les organisations capables de recueillir 8 % des voix au niveau interprofessionnel, bouleverse, en effet, le paysage.C'est à la CFE-CGC que le congrès s'annonce le plus dévastateur. En annonçant par voie de presse, à la fin du mois de juillet, qu'il était candidat à sa propre succession, Bernard Van Craeynest (BVC comme on le surnomme) a voulu couper l'herbe sous le pied d'éventuels challengers. Seul problème, sa stratégie du fait accompli a du mal à passer, y compris au sein de sa propre fédération, la métallurgie. Or, pour être candidat à la présidence, BVC doit obligatoirement obtenir le feu vert de sa maison d'origine le 15 septembre prochain.climat orageux En début d'année, les dirigeants de la métallurgie, partisans d'un syndicat catégoriel plutôt que généraliste, ont déjà largement contribué à l'abandon du projet de rapprochement avec l'Unsa, voulu par BVC. En septembre, la situation pourrait se révéler inextricable si la fédération décide de présenter un autre candidat, par exemple son actuel président, Gabriel Artero. Le risque d'implosion est d'autant plus grand qu'à l'opposé, la fédération de la banque, favorable, elle, au mariage avec l'Unsa, veut de vrais engagements de BVC sur un positionnement généraliste de la CGC. Et menace de quitter la confédération si elle n'obtient pas gain de cause. Le retour de vacances s'annonce donc saignant, d'autant que l'Unsa a d'ores et déjà promis d'accueillir à bras ouverts les déçus de la CGC.À la CFDT, le débat sera nettement plus feutré. Il ne portera pas sur l'équipe dirigeante : François Chérèque est assuré d'obtenir le quitus des militants et Marcel Grignard a été, au printemps, officialisé au poste de numéro deux. Mais sur la nécessité d'infléchir une stratégie qui ne lui a pas permis de progresser aux élections prud'homales de décembre 2008. À la CGT, le ton s'annonce plus vif si, comme l'ont annoncé « Les Échos », Bernard Thibault maintient son projet de donner plus de pouvoir à la commission exécutive au détriment du bureau. « En soi, nous sommes pour l'évolution, mais pas avec ces méthodes-là. Il n'y a eu aucun débat en interne », souligne un responsable qui entend bien aborder le sujet lors du prochain conseil national les 25 et 26 août. Attention, risque d'orages ! n

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