Le Pentagone découvre le réchauffement climatique

États-UnisDes inondations qui ravagent le golfe du Bengale, des milliers de réfugiés musulmans qui passent la frontière indienne, créant des tensions insoutenables avec les communautés hindoues. L'armée indienne intervient, forçant les Nations unies et les GI à agir. Pour l'instant, ce scénario n'est qu'une fiction. Mais les militaires américains y réfléchissent sérieusement. À cela et à d'autres éventualités, dans diverses parties du globe. La raison de toutes ces tensions internationales qui mobiliseraient les forces armées américaines ? Les effets (sécheresses, inondations?) du réchauffement climatique.Alors que les experts étaient réunis hier à Bonn pour préparer le rendez-vous de Copenhague sur le climat, qui s'y tiendra en décembre prochain, le Pentagone apporte sa pierre à l'édifice. Selon un article du « New York Times », pour la première fois de son histoire, l'armée américaine étudie l'impact du réchauffement climatique. Et l'exemple du Bengladesh a été utilisé lors d'un exercice réalisé à l'Université de la défense nationale, en décembre dernier. Alors que le Congrès américain avait refusé de ratifier le protocole de Kyoto, signé par le président Bill Clinton en 1997, sous prétexte que les entreprises souffriraient financièrement si obligation leur était faite de réduire leurs émissions et, avec elles, toute l'économie américaine, voilà qu'un autre argument est développé. Le réchauffement climatique représenterait un danger pour la sécurité américaine, en immobilisant des troupes ? et des fonds qui pourraient servir à autre chose ? pour régler des conflits directement induits par ce phénomène. Sans même avoir à intervenir sur de nouveaux champs de bataille, le changement climatique perturbe déjà le fonctionnement de l'armée américaine. Certaines de ses bases navales et aériennes, en Floride par exemple, ont subi des dommages liés aux ouragans plus violents qu'à l'accoutumée ces dernières années. nouveau sujet d'inquiétudeLes experts attribuent cette nouvelle force des ouragans au réchauffement des eaux dans la Caraïbe. Et la base de Diego Garcia, dans l'océan Indien, qui permet de déployer aisément des troupes au Moyen-Orient, ne se situe qu'à quelques mètres au-dessus du niveau de la mer. Bref, l'armée, qui se focalisait jusqu'à présent sur la sécurité des approvisionnements en or noir pour faire tourner l'économie américaine, a trouvé un nouveau sujet d'inquiétude. De quoi mettre du baume au c?ur des écologistes. John Kerry, sénateur démocrate du Massachusetts, a bien l'intention d'appeler l'armée à la rescousse lorsque le Sénat débattra, le mois prochain, du texte qui a déjà été voté par la Chambre des représentants en juin dernier. Le texte de la Chambre requiert une réduction de 17 % des émissions de gaz à effet de serre d'ici à 2020 et une réduction d'environ 80 % en 2050, par rapport aux niveaux de 2005. Les représentants ont aussi introduit l'obligation pour les producteurs d'électricité d'utiliser une plus grande proportion d'énergie renouvelable. Calculé par des experts, l'impact d'une telle loi sur l'économie serait en fait modeste, au moins au début du programme, puisque, entre 2012 et 2030, il ne rognerait la croissance du PIB que de 0,2 % à 0,8 %.

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