Poutine face à

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Propulsé au pouvoir il y a exactement dix ans, Vladimir Poutine se retrouve à certains égards dans une situation identique à celle qui a suivi la crise financière de 1998. Comme il y a dix ans, la Russie est prise dans une grave crise économique. Et Vladimir Poutine y fait face de nouveau dans le siège de chef du gouvernement, les mains dans le cambouis. Hier, il s'inquiétait de la taille du déficit budgétaire pour l'année prochaine, prévu à 101 milliards de dollars, soit environ 7,5 % du PIB. «Un niveau de 7,5 % du PIB, c'est le maximum que nous pouvons nous autoriser. Et ce déficit doit être réduit à 3 % du PIB dès 2011-2012 si nous voulons garantir la stabilité macroéconomique », a-t-il déclaré. Cette année, le déficit budgétaire russe risque de frôler les 10 % du PIB. 10 %, c'est aussi le rythme de la contraction de l'économie russe sur le premier semestre de 2009? Parmi les grands pays émergents, la Russie est celui qui est le plus durement frappé par la crise mondiale.talon d'AchilleLe FMI a lui aussi lancé un cri d'alarme vendredi dernier dans un rapport demandant au gouvernement russe de modérer l'ampleur de son plan anticrise, en particulier les allégements fiscaux, jugés trop « draconiens » par rapport aux réformes du secteur public nécessaires. « Le FMI enjoint les autorités de réduire les allégements fiscaux de 5,5 % à 2,5 % du PIB car les volontés de réformes sont peu évidentes », écrit le Fonds dans son rapport. Le FMI enjoint également le gouvernement russe à adopter une politique plus volontariste dans la réforme du secteur bancaire, qui paraît devoir rester longtemps encore le talon d'Achille de l'économie russe.Pour l'instant, les Russes ne tiennent pas rigueur à Poutine pour les difficultés économiques que traverse le pays. Il reste, avec 78 % d'opinions favorables, dans une situation enviable pour presque tous les autres chefs d'État de la planète. Il est vrai qu'au fil des dix années passées au pouvoir Vladimir Poutine a pris ses précautions. Il a transformé les chaînes de télévision russes en porte-voix du régime. Les journalistes ont eu le choix entre devenir des thuriféraires du président ou bien changer de profession, voire pire dans le cas d'Anna Politkovskaïa. Toute voix critique est bannie des médias populaires. Loin de protester contre le saccage de la démocratie, les Russes plébiscitent cet ex-président aujourd'hui Premier ministre énergique surgissant après une décennie de marasme. Il faut souligner que le règne de Poutine coïncide avec l'envol du prix des matières premières, dont la Russie est très riche. L'économie est tout entière soutenue par les exportations d'hydrocarbures. Exalté par ses pétrodollars et plus puissant que jamais, Poutine a offert l'année dernière aux Russes une première victoire militaire depuis longtemps, aux dépens de la Géorgie. Et même s'il n'est plus que Premier ministre, Poutine n'a rien perdu de son influence, et tous les rouages de la politique russe sont huilés pour le faire durer? dix bonnes années de plus. n

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