L'état pousse la Caisse à vendre ses logements Icade

La cession du pôle logements d'Icade, la filiale de la Caisse des dépôts, est plus que jamais à l'ordre du jour. L'institution financière publique est effectivement « invitée à réfléchir au reconventionnement des logements détenus par ses filiales », a indiqué Nicolas Sarkozy, la semaine dernière, à Douai. Par cet insert dans son plan de relance, le président de la République s'est montré on ne peut plus clair. Il veut faire du logement social l'un des axes moteurs de la redynamisation du secteur immobilier. Or la relance du marché du logement passe par le retour d'une demande soutenue, y compris de la part des ménages à faibles revenus. tremplin opportunDans ce contexte, la cession du bloc de près de 40.000 logements intermédiaires d'Icade en vue de leur requalification en logements sociaux par leur repreneur constituerait un tremplin opportun au plan de relance. Icade réunit aujourd'hui son conseil d'administration. Peut-être ce sujet très politique sera-t-il évoqué.La Caisse des dépôts, qui démentait pourtant cette opération révélée par « La Tribune » en juin dernier, n'y est pas hostile. Elle rappelle qu'Icade a déjà vendu 5.000 logements en 2008. Son directeur général Augustin de Romanet précisait d'ailleurs en octobre dans nos pages que si une offre était faite à Icade pour acheter son portefeuille de logements intermédiaires à un prix au moins égal à l'actif net réévalué (ANR), soit près de 3 milliards d'euros, il ne s'interdisait rien. Mais c'est justement là le n?ud du problème. Dans un contexte immobilier particulièrement déprimé, les prix des transactions ont été sévèrement revus à la baisse et les repreneurs susceptibles de respecter ces conditions de vente sont introuvables.Conflit d'intérêtsLa solution qui consisterait à faire racheter par la Caisse des dépôts via sa filiale spécialisée dans le logement social, la SNI, un bloc de logements d'une autre de ses filiales constitue en soi un conflit d'intérêts. Le prix qui serait offert par l'institution financière promettrait de faire l'objet de nombreuses critiques. Trop bas, il flouerait les actionnaires minoritaires d'Icade. Trop élevé, ce sont les intérêts de la Caisse des dépôts, c'est-à-dire l'argent public, qui en pâtiraient.Augustin de Romanet estime que seul un consortium d'investisseurs dont l'institution publique ferait partie pourrait surmonter ces difficultés. Chronophage, ce schéma risque de ne pas satisfaire l'impatience de l'Élysée. Mais la résistance de la Caisse des dépôts pourrait être couronnée de succès. à court terme, la cession du bloc de logements offrirait certes un supplément de liquidités bienvenues à la Caisse des dépôts. Déjà très sollicitée ces derniers mois, elle doit encore apporter 3 milliards d'euros en numéraires au nouveau Fonds stratégique d'investissement (FSI). Son entrée au capital de La Poste dans le cadre de son changement de statut en 2009 est en outre privilégiée. Mais sur le long terme, le pôle logement produit une très large part des revenus d'Icade, qui remontent de façon récurrente dans les comptes de la Caisse. Cette manne se révèle d'autant plus précieuse que la valorisation des sociétés foncières en Bourse n'a jamais été aussi basse.

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