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La demande de pétrole n'en finit pas de sombrer

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Publié le 23 décembre 2008 à 00:28 - Mis à jour le 23 décembre 2008 à 00:28

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La cote de popularité du baril ne cesse de reculer d'un jour à l'autre. Si les prix du baril se sont momentanément repris hier avant la publication des stocks américains, dans l'attente d'une forte réduction des quotas de production de l'Opep la semaine prochaine, la hausse semble bien fragile. Pas un jour ne se passe sans que les estimations de consommation de pétrole ne soient revues à la baisse. L'Agence internationale de l'énergie devrait une nouvelle fois abaisser ses prévisions de consommation de pétrole pour 2009, aujourd'hui. Dans ses dernières projections, l'AIE anticipait une croissance ? modeste ? de 0,13 % de la demande sur 2008, puis de 0,35 % en 2009. Mardi, la Banque mondiale ainsi que l'Agence d'information sur l'énergie américaine, l'EIA, (Energy Information Administration) avaient drastiquement revu leurs projections de demande. Selon l'EIA, la planète devrait engloutir 450.000 barils de pétrole en moins, l'année prochaine, ce qui devrait peser sur le prix du baril. L'agence attend ainsi un prix moyen de 51 dollars par baril sur 2009, inférieur de moitié aux prix moyens constatés sur 2008. Si les experts américains ont raison, ce serait la première fois, depuis trente ans, que les prix du pétrole baissent sur deux années consécutives. Entre 1979 et 1986, la demande de pétrole aux États-Unis avait chuté jusqu'à ? 8 millions de barils par jour, rappelle Costanza Jaccio, chez Barclays Capital. Depuis dix-huit mois, la demande semble avoir pris la même orientation (cf. graphique). L'effondrement ne devrait toutefois pas être aussi violent, selon le spécialiste, car la demande de pétrole aux États-Unis est aujourd'hui principalement liée aux transports, et donc peu élastique à la baisse, alors que dans les années 80, l'industrie tirait la consommation. Violent pour l'instant, le recul de la demande ne devrait toutefois pas durer éternellement. Les vacances de Noël pourraient notamment entraîner un réveil de la consommation d'essence aux États-Unis, alors que le gallon (3,8 litres) frôle 1,7 dollar. Pour l'heure, les stocks d'essence américains restent élevés : ils sont ressortis en progression de 3,7 millions de barils à 202,7 millions de barils hier, alors que les réserves de brut ont moins progressé que prévu.action significativeCe qui a presque gommé la hausse des cours. En fin d'après-midi, le baril de WTI ne progressait plus que de 48 cents, à 42,55 dollars sur le Nymex. En révisant à la baisse leurs estimations de consommation, les Occidentaux encouragent les producteurs à réduire leur production. Les pays de l'Opep se réunissent en effet le 17 octobre à Oran, avec la ferme intention de réduire la leur de façon draconienne. « L'économie mondiale est dans la tourmente. Ce qui appelle une action significative », a estimé le ministre libyen du Pétrole, Shokri Ghanem. Les pays de l'Opep, qui produisent aujourd'hui 27,3 millions de barils par jour, pourraient ramener leur production à 25 millions de barils par jour : les experts estiment en effet qu'une réduction supérieure à 2 millions de barils est tout à fait envisageable. De plus, certains pays non membres de l'Opep pourraient accompagner l'organisation dans la réduction de la production, à l'instar de la Russie.

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